Le Rubis
« Paris 1er : les bons tours du Rubis »
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Direction le 1er arrondissement de la capitale, où notre ami Benjamin Berline, féru de bons bistrots, redécouvre les plaisirs liquides et solides du Rubis. On l’écoute.
A un jet de beaujolais du Marché Saint-Honoré, ce Rubis (et à ne pas confondre avec son homonyme de la rue Léopold Bellan), scintille et continue de jouer les irréductibles bastions populaires d’un quartier plus prodigue en boutiques de luxe qu’en perles bistrotières.
Entre café de quartier, bar à vin et bistrot sérieux aux heures de pointe, le lieu, vaillamment gardé dans son jus, annonce sans se faire prier la couleur avec son comptoir, ses néons, son téléphone d’époque (vous mirant aux toilettes) sans oublier ses emblématiques tonneaux saluant dès l’entrée l’habitué bavard comme le dandy pressé.
Aux manettes, Jean-Philipppe Bru, ancien du Gavroche, veille sur ses ouailles avec un savant mélange de nonchalance, de gouaille et d’énergie se prolongeant d’un bel accent gascon. Point de révolution culinaire ici mais de « vieilles connaissances » et des classiques bien faits, mitonnés avec adresse et le coup de main de produits de qualité.
Ainsi la terrine et les cochonnailles de l’ami Olivier Brosset à Saint Barthélémy d’Anjou, les oeufs badigeonnés de leur onctueuse mayo maison, les harengs pommes à l’huile, délicatement marinés ici-même qui vous ouvrent tous joliment l’appétit. La tendre araignée de porc ou l’onglet de boeuf servi saignant avec ses frites dorées à point complètent le bel ordinaire de la demeure avant que la nostalgie ne pointe le bout de son nez avec la jolie crème caramel ou cette mousse au chocolat, amère et compacte, présentée dans sa tasse à anse.
Côté cave, la maison n’embouteille plus la dive bouteille comme du temps d’Albert Prat, grande gueule de Laguiole ayant animé pendant plusieurs décennies cet Eldorado vineux de l’hyper-centre. Mais ne perd pas pour autant le nord ! Sous la houlette du vif Jean-Phi’, la carte des nectars fait des étincelles au verre comme en grand format avec un défilé de beaux flacons (de la symphonie rhodanienne de Christian Pichon au suave fleurie de Michel Guigner).
Le plus de ce QG bonhomme ouvert du matin au soir ? Le petit noir et le demi qui s’offrent sans trêve au comptoir alors que quelques habitués avisés glanent un sandwich tardif lorsque retombe l’effervescence du coup de feu de midi. Un Rubis comme on n’en fait plus !














