Le Rubis

« Paris 1er : un Rubis très vintage »

Article du 23 novembre 2024

Jean-Philippe Bru © GP

Amis du beaujolais nouveau, bonjour ! Ce Rubis, voisin de la place du Saint-Honoré, est bien le temple des libations de novembre. On vient là goûter un « bojo » simple ou village comme un cru sérieux en droite ligne des pierres dorées. On nous permettra un petit rappel historique : avant 1985, le beaujolais nouveau se fêtait le 15 novembre et l’on venait là, du temps du père Gouin,  comme de son successeur Albert Pras,  célébrer cette arrivée joyeuse sur les tonneaux maison posés en sentinelles au dehors.

Escargots © GP

Manière de dire que la dite maison reprise par Jean-Philippe Bru, qui travailla neuf ans au Gavroche avec l’adorable Nicolas Decatoire, vend ici de la nostalgie autant que de bons vins et un honnête frichti. Ce gai luron aux airs de lutin sans cesse en mouvement n’a, heureusement, rien touché au décor années 1950, avec son beau zinc surplombant des plaques de bois, ses néons en rouge et blanc dominant le bar, ses tables en formica et ses sièges à l’ancienne, patinés par le temps et l’usage.

Au bar © GP

On ajoute que le registre culinaire demeure, lui aussi, identique à ce qu’il fut, proposant, outre de belles tartines de charcuteries ou de fromages, des plats sérieux et petits bourgeois midi et soir.  Ainsi la frisée aux lardons, les oeufs mayo, le céleri rémoulade, l’escargots au beurre persillé, par six et douze, la fort belle andouillette grillée normande mais estampillée des 5A sauce moutarde avec ses frites maison, le tartare de boeuf, l’onglet à l’échalote avec son gratin dauphinois ou l’araignée de porc avec son aligot, comme la solide entrecôte d’Aubrac qui font simplement du bien par où ils passent.

Araignée de porc, aligot © GP

Les desserts, eux aussi sans surprise ni chichi, quoique fort bien menés, se nomment crème brûlée, crème caramel, mousse au chocolat ou encore fondante tarte Tatin flanquée de sa crème crue. Et le tout s’arrose de beaujolais rieurs ou de vertueux crus de la vallée du Rhône. Reste que l’on peut simplement venir ici boire un verre au bar, grignoter, discuter le bout de gras, échanger entre zinc et table, refaire le monde à toute heure. Bref voilà un lieu de vie digne du Paris, miraculeusement demeuré dans son jus.

Tarte Tatin © GP

Le Rubis

10 Rue du Marché Saint-Honoré
Paris 1er
Tél. 01 42 61 03 34
Carte : 40-50 €
Horaires : 9h-minuit
Fermeture hebdo. : Samedi, dimanche
Métro(s) proche(s) : Tuileries, Pyramides

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Publié le  23 novembre 2024 par

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