Auberge du Kochersberg
« Landersheim : le renouveau de l’Auberge du Kochersberg »
Ce fut l’une des grandes tables de l’Alsace des années 1980, sous l’égide de Patrick Klipfel en directeur aguerri, Armand Roth en chef créatif et étoilé, sans oublier l’inénarrable sommelier Jean-Marie dit « Bill » Siebenschuh. Ce fut alors la cantine Adidas, se transformant, après le repas des employés, en table chic et hautement gastronomique. Voilà, après quelques changements de propriétaires et des années de fermeture, cette belle maison qui revit. Attention, seule la partie brasserie est ouverte et le renouveau de l’auberge du Kochersberg grâce à l’investisseur d’origine iranienne Sharam Hazdari prendra encore quelques années.
En attendant, une clientèle ravie de l’aubaine découvre un lieu dans le vent comme retrouvé avec les plats mode et malicieux du chef de cuisine Stephen Aubertin, qui a travaillé notamment au Vieux Couvent à Rhinau, et le dynamique directeur de salle Arnaud Massini qui fait face au succès naissant avec adresse. Croustillant de feta, salade de saison, légumes marinés et vinaigrette à la myrtille, carpaccio de thonine, agrumes, huile d’olive bio et sorbet combawa ou encore tarte Tatin de tomates anciennes avec crème légère à la mozzarella di buffala d’Alsace, pesto au basilic et pistache, qui se veut le hors d’oeuvre signature de la maison et le seul purement alsacien, car ces ingrédients même d’apparence italienne proviennent tous de la région.
Il y a encore le porc ibérique en deux façons, la pluma snackée et la joue en croustillant, avec caviar d’aubergines, gratin dauphinois, jus de viande corsé à l’ail et au thym ou encore les linguine au pesto, avec leur basilic local, leurs tomates cerises confites au thym et la burrata crémeuse, sans nul doute en trop dans le plat qui se perd un peu. On pourra essayer également le cordon bleu aux saveurs d’été avec jambon sec italien, gouda au piment d’Espelette, basilic et sauce tomate.
Les vins au verre égrènent quelques références sérieuses de la région, comme le sylvaner d’Etienne Loew Westhoffen, le gewurztraminer et le pinot noir tradition de Bott Ribeauvillé. On oublie au passage le riche riesling vendanges tardives de Frédéric Mochel Traenheim et le muscat un peu neutre de Hering à Barr. Et côté desserts, on retombe en enfance avec les « snickers à notre façon », avec mousse au chocolat tiède, glace snickers, granola à la cacahuète et caramel au beurre salé, ou encore le « Notre-Dame », mêlant tartelette en pâte filo, biscuit madeleine à la vanille, coeur framboise, crémeux pistache et rosace de la cathédrale de Strasbourg en chocolat blanc. Amusant et gourmand en vérité !














