Brasserie des Près
« Paris 6e : éclectique Brasserie des Prés ! »
On les a suivis à leurs débuts, c’était au temps, pas si lointains, de la Brasserie Bellanger – trois ans déjà ! -, puis on a continué à la Brasserie Dubillot, puis à la Brasserie Martin. Voici leur 4e adresse, cette Brasserie des Près, usant des mêmes codes, avec décor cosy un brin flashy, signée des londoniens « B3 Designers » et « Dorénavant Studio » -sans doute moins coloré que celui de Dubillot au paroxysme du kitsch néo-1900, mais avec ses trois étages tous différents, son speakeasy, au dernier échelon, sa terrasse et salle du rez-de-chaussée ouvertes toutes deux sur la cour Saint-André: c’est drôle, amusant, réussi.
Bref, Victor Dubillot et Charles Perez, deux copains d’écoles de commerce décidés à lancer leur propre ligne de restaurants (« la Nouvelle Garde Groupe ») comme une gamme de mode ont encore frappé avec succès. Outre le décor, le service jeune et enjoué, le personnel de cuisine également jeune et déjà expérimenté, c’est le bon sourcing dans les diverses provinces françaises et le « fait maison » qui plaît. Glaces turbinées à demeure et pâtisseries artisanes ou encore belles charcuteries témoignent de leur savoir-faire.
Les Parisiens épatés de retrouver un lieu historique revisité et les touristes qui s’imaginent que le lieu a toujours été ainsi s’y croisent et se retrouvent autour d’un répertoire « tradi » sans épate. Oeuf mayo, poireaux vinaigrette, jambon persillé avec ses grains de moutarde à l’ancienne, terrine de foie gras mariné au porto et cognac, saucisse purée de compét’ de fabrication également maison (made in la Brasserie Martin), thon à la basquaise, avec sauce vierge, piment doux, poivrons, citron et olives filent doux.
Le tout est tarifé avec sagesse (la saucisse à 13 €), seuls les vins sont un brin surpayés (comme les beaujolais tous à plus de 40 € mais rien à redire à l’exquis beaujolais-villages igné Bernard Balmet 2021 à Vaux-en-Beaujolais). Reste que les crus à la ficelle permettent de s’en tirer là aussi à bon compte (il y a notamment un gouleyant saint-pourçain en rouge faisant aisément l’affaire).
On loue encore la partie douceurs, les fameuses glaces turbinées (et vendues à emporter sous le nom de « Glacier des Près »), dont celle à la vanille de Madagascar ou une autre au yaourt et aux cerises, comme les pâtisseries maison, dont le paris-brest ou la tarte fraise/pistache. Une bonne pioche pour l’été et la suite ! Il y a toujours un après à Saint-Germain-des-Près…













