Le Scheffer
« Paris 16e : brave Scheffer ! »
Dans notre quête des bons bistrots de Paris à l’ancienne, nous avions bien failli oublier celui-ci, que nous fréquentons cependant depuis belle lurette. Il porte le nom de sa rue proche du cimetière de Passy et dédiée au peintre Ary Scheffer. Le lieu n’a pas d’âge, charme au gré de son décor comme dans l’temps, avec son long comptoir en bois, ses banquettes de moleskine, ses vieilles plaques de pubs, ses nappes à carreaux et ses miroirs, ses plats canailles et simplets, certes, mais bien honnêtes, sans omettre l’accueil souriant de l’adorable Bernard Bellessort.
Nous sommes là en lisière de l’avenue Paul Doumer et du Trocadéro. Et ce quartier chic, dans les parages de la Muette se donne ici des airs de village. On boit le champagne Jacquart cuvée de 5 ans d’âge servi dans une coupe avant le fruité fleurie les Garants du bien nommé Didier Desvignes. Et on sacrifie aux mets de toujours.
Ceux-ci ont nom oeufs mayo – présentés sans chichi, mais avec des pommes chaudes émincées, salade de pousses d’épinards et œuf poché, terrine de campagne, andouillette de Troyes AAAAA (issue de la Champenoise à Jully-sur-Sarce ) servie avec ses bonnes frites ou encore tartare de bœuf et haricots verts. L’entrecôte de Charolais, l’aile de raie aux câpres ou les rognons de veau sauce moutarde figurent également au réjouissant programme.
Les prix ont su raison garder, font le nique à l’inflation avec certains de ses mets glorieux tarifés moins de 20 €. La clientèle, à la fois économe et gourmande, est fidèle et fait la bise facile au gars Bernard. Même quand le patron, le discret Hubert Dupont est en vacances, tout fonctionne comme avant.
En dessert, le soufflé glacé au Grand Marnier est un pur délice craquant. Mais la crème caramel et l’île flottante ont également leurs fans. Voilà un monument d’art populaire qui a su garder son caractère.














Je partage tout à fait le point de vue de G. Pudlowski sur ce restaurant hors du temps. Et il y a des nappes (coton + papier) sur les tables dont l’absence de plus en plus fréquente dans bien d’autres établissements ne semble pas provoquer de réserves de sa part.
Bien cordialement.