Vevey : le charme iconique des Trois Couronnes
Ouvert en 1842 par Gabriel Monnet, hôtelier émérite, l’hôtel des Trois Couronnes a été construit par l’architecte veveysan Philippe Franel (1796-1867) sur l’emplacement de la demeure féodale des Belles-Truches (nom d’épouse de Catherine de Blonay, à qui son père Jean avait légué le château en 1413). Il est l’un des premiers hôtels de prestige de Suisse, accueillant, sur la Riviera vaudoise, l’aristocratie russe et anglaise, comme des membres de familles royales. Charles Gounod y composa son opéra « Faust ». Camille Saint-Saëns y joua sa Polonaise à deux pianos avec Ignace Paderewski. Henry James y situa sa nouvelle « Daisy Miller » ».
Bref, voilà un monument historique qui ne vieillit guère et a su garder le charme d’avant, avec son imposante façade, ses grilles sur la rue, son parc vers le lac, son parking ordonné, son lobby fleuri, sa magnifique galerie intérieure en étages et à colonnades, ses chambres de tout style, certaines carrément contemporaines, mais toujours gardant l’âme d’antan, ses couloirs conçus comme des rues intérieures avec vue, ses ascenseurs à l’ancienne, mais qui ne tanguent pas. Depuis, l’origine l’hôtel des Trois Couronnes trône comme une perle face à la promenade du lac, comme un proche cousin du bâlois Trois Rois ou du genevois Beau Rivage, deux autres palaces en bordure d’eau avec galeries et histoire…
Sa façade chantournée, si fleurie, sa terrasse, ses salons avec fresques, ses deux tables charmeuses – la Brasserie « les 3 C », son japonais « Kaiseki by Manabu », sa terrasse, son bar font immanquablement le coup du charme. On vous le disait déjà il y a une décennie : il y a beaucoup d’hôtels de prestige en Suisse. Il n’y a qu’un seul « Trois Couronnes », auquel son toujours jeune directeur, Jay Gauer – fils de Jean-Jacques, du Raisin à Cully, ex du Lausanne-Palace, qu’on connut jadis au Schweizerhof à Berne -, insuffle un nouvel esprit, plein d’allant, fait de modernité tranquille.
Le beau spa avec sa piscine couverte toute en longueur, comme creusée dans le roc, préfigure l’avenir du lieu et augure bien des rénovations futures. Voilà, en tout cas, un lieu idéal pour relire les oeuvres de Paul Morand (de « l’Homme Pressé » à « Lewis et Irène »), qui habita au voisin château de l’Aile néo-gothique façon Walter Scott à fleur de lac ou celles de Jacques Chardonne (« le Bonheur de Barbezieux », « les Destinées Sentimentales », « l’Epithalame ») qui emprunta son nom au village perché que l’on atteint depuis le proche funiculaire. Iconique Trois Couronnes !
Hôtel des Trois Couronnes
1800 Vevey
Suisse
Tél. +41 923 32 00
Chambres et suites : 385-950 CHF
Site: www.hoteltroiscouronnes.ch















