Caves Petrissans
« Paris 17e : éternelles Caves Petrissans »
Le lieu est éternel, date de 1895, a gardé moulures, stucs, banquettes en simili-cuir, comptoir pour les amis, vieilles affiches, grande terrasse pour l’été et coin boutique avec ses mille et un flacons. Tristan Bernard s’en inspira pour sa pièce « le Petit Café ». Céline y croisa Abel Gance, Armand Lanoux y donnait rendez-vous à Pierre Mac Orlan et Robert Sabatier y devisait avec Alain Bosquet. Autant dire que le lieu a une histoire littéraire, voire une légende.
Les Allemoz, qui sont ici de fondation, en sont à la 5e génération. Jean-Charles, dernier du nom, ancien étudiant en math’, reconverti dans la « bibine« , essaye de faire aussi bien que papa Jean-Marie, sert le champagne Charles Heidsieck avec faconde, le mâcon clessé la Quintaine de Thévenet au domaine de la Bongran avec générosité et le délicieux morgon côte du Py du domaine Gaget en épatant son monde.
Un chef chevronné, passé à l’Intercontinental avec Jacky Fréon, mais aussi avec Christian Le Squer jadis au restaurant de l’Opéra, mitonne des mets bourgeois à l’ancienne de bonne tenue. Fromage de tête et terrine d’oreilles de cochon, aubergine confite et poivron, supions sautés à la basquaise, colin froid mayonnaise, plus quelques belles viandes, donnent de bonnes idées du répertoire maison gentiment vintage.
Le grand chic de la demeure? Les eaux de vie et digestifs qui font partie de la collection familiale et qu’on garde pour les amis : prune de Souillac, eaux de vies blanches signées Metté, cognac de Delamain, bas-armagnac griffé Laberdolive. Et le registre de douceurs ne manque pas de charme, avec une tarte aux fraises digne de grand-mère et une bien jolie crème brûlée à la gousse de vanille. Bref, voilà un lieu savoureux, gourmand, intemporel. Très parisien à la mode du 17e le plus bourgeois …














Excellent article sur un super endroit que nous aimons beaucoup