Manfred à la Maison Heler
« Metz : déjeuner chez Manfred »
C’est la neuve table où tout Metz court et va courir dans un lieu qui justifie à lui seul le voyage dans la ville de « Colette Baudoche« . Manfred à la toute neuve Maison Heler, pensée, designée, conçue par Philippe Starck – on y reviendra par ailleurs – est une table de choix, à la fois soignée, avec son cadre soigné, son décor tout en clins d’oeil, ses boiseries, ses céramïques dans les tons bruns, ses beaux vitreaux signé Ara Starck, son mobilier chiné sur le mode Jugendstil, qui renvoie aux temps impériaux de l’annexion prussienne.
L’histoire du lieu? Tirée d’un conte imaginé par Starck lui-même, celle d’un personnage imaginaire qui vécut à Metz durant l’annexion prussienne et qui vit sa maison bouleversée par un tremblement de terre et projetée vers le ciel vaut la visite à Metz pour lui même. Le restaurant « Manfred » se retrouve au dernier étage du lieu, le plus charmeur. On y retrouve, aux commandes des fourneaux, le chef Alexandre Monce, natif de Metz, formé à l’école hôtelière Raymond Mondon à Metz, qui fut stagiaire au Bristol à Paris et à l’Auberge de l’Ill d’Ilhaeusern, avant de travailler à la Popote messine, fut chef du Chat Noir rue Pasteur, puis aux Petites Cocottes place des Charrons, enfin avec son beau-père Paul Nivoix au Clos des Chefs.
Le menu du déjeuner, changeant, permet de faire le tour de ses belles idées voyageuses, celles du moment, comme le superbe foie gras cuit en pot au feu, avec ail et légumes primeurs, les crevettes en beignets façon tempura, avec ses jeunes pousses et épices, le très tendre boeuf présenté avec pita, le filet mariné, les épices bien relevés, fort bien dosés, comme le sumac et une harissa maison, mais aussi la daurade royale, le filet grillé, une sauce champagne, plus pomme et céleri. Le soir, place aux plats de partage, à picorer ensemble ou à déguster seul.
Le poulpe et polenta, le tartare de boeuf et sa glace au roquefort, le choux fleur rôti au zaatar, le ceviche de poisson du jour avec patate douce comme l’oeuf « alpha » au fuseau lorrain et mouilettes sont des idées de ce qui se trame ici. Les desserts, jadis partie forte d’Alexandre au Clos des Chefs, méritent encore un effort, comme le correct quoique sans grand relief « baba long » (appellation un peu sibylline…), avec pâte à baba, vanille pamplemousse et poivre Timut, mais l’ananas en carpaccio avec sirop de safran, sorbet ananas-yuzu (sans grand goût) est plus anodin,
Et côté vins, si la Moselle est aux abonnés absents (on s’attendrait à voir ici les crus des Molozay, d’Oury-Schreiber, des Maurice ou du domaine du Cloître à Haiute Contz), le morgon dit « Manfred Heler », car appartenant à l’un des propriétaires, et signé du domaine de Leyre-Loup, est d’un fruité imparable, tarifé avec sagesse, comme le reste, et permettant de fêter dignement l’avènement de ce lieu magnifique. Service aux petits soins, sous la houlette de la vibrionnante Constance.














Expérience sensiblement similaire, aucune envie de réitérer. Oubli du commentaire précédent : vaisselle importée des Émirats Arabes… alors que nous avons des fabricants prestigieux en France et même dans le Grand Est !!!
La Maison de Manfred, l’endroit à la mode que tout Metz veut voir et se faire voir.
Certes la déco est magnifique et mérite le détour. La vue depuis la terrasse n’est cependant pas extraordinaire à l’exception de celle donnant sur la Seille et le côteau de Queuleu.
Si l’ambiance est charmeuse, le service n’est toutefois pas à la dimension du lieu. En possession d’un coffret cadeau pour deux personnes d’une valeur de 199 € comprenant :
– un dîner au restaurant,
– accords mets et vin,
– expérience cocktail,
nous pensions dîner et profiter d’un menu insolite accompagné de vins réellement en accord avec les plats proposés. Quelle déception lorsqu’on nous a annoncé qu’il suffisait de choisir les plats et les vins de la carte pour le montant du coffret cadeau…
Le menu du soir à 45 € est minimaliste : deux choix en entrée, en plat et en dessert. Si l’on n’aime pas le poisson cru, il faut se rabattre sur une entrée vegan et si l’on n’est pas fan de viande rouge, il ne reste plus qu’à opter pour le plat végétarien. Quant aux desserts, ils sont simplissimes…
Bref, nous décidons de débuter par un des « plats minutieux » de la carte : poulpe grillé et céviche. Nous attendons encore que le serveur nous conseille sur le.s vin.s s’accordant avec ces plats ; il s’est en effet contenté de nous présenter la carte des vins…
Ces deux plats, au demeurant très bons, ne constituant qu’une entrée, nous optons en suite pour la « cocotte à partager » : poulet fermier rôti – vin jaune – morilles – asperges vertes (toujours sans proposition d’accord mets-vin tel qu’inclus dans le coffret cadeau). Nous avons vainement cherché les morilles qui s’étaient transformées en quelques girolles et beaucoup de champignons de Paris. Quant aux asperges vertes, nous n’en avons trouvé qu’une par personne avec beaucoup de carottes, pommes en robe des champs et un supplément de purée. Le poulet était-il réellement fermier, le vin était-il vraiment jaune ? Permettez-nous d’en douter… En guise de dessert, une « gourmandise » dont une tarte aux fraises et basilic des plus banales et un entremet chocolat & praliné de taille réduite…
N’ayant pas consommé la valeur totale du coffret cadeau, nous demandons au moment de l’addition qu’on nous fournisse un avoir du montant de la différence et nous nous entendons dire que ce n’est pas possible. On nous propose alors de repartir avec un dessert à emporter ! Là, c’en est trop.
Après avoir fait remarqué qu’on nous faisait payer des champignons de Paris au prix de morilles, on nous informe qu’il n’y en avait pas ce soir, qu’elles avaient été remplacées par des girolles (rares) et qu’on aurait dû nous le dire lors de la commande, ce qui n’a pas été le cas…
Après avoir témoigné d’une certaine animosité, on nous remet finalement un avoir pour consommation future, en espérant ne pas être confrontés aux mêmes désagréments.
Cette première expérience à la Maison de Manfred a été réellement frustrante et à la limite du politiquement correct. Quant au coffret cadeau, nous avons vraiment eu l’impression de nous être fait avoir.