Paris 8e : l’avènement de Malcom Ecolasse
Il s’appelle Malcom Ecolasse, a 28 ans, a travaillé au Bristol, avec Eric Frechon, avant de trouver sa première place de chef aux côtés de Juan Arbelaez, au Levain et chez Froufrou, puis au Clover Grill, pour Jean-François Piège. Il donne le ton gourmand d’un lieu à part.
Le nom du lieu, le Melville, constitue un hommage au cinéaste Jean-Pierre Melville (celui du Doulos, du Cercle Rouge, du Samouraï, du Deuxième Souffle) et non à l’auteur de Moby Dick (Herman Melville, bien sûr). Le lieu, en lisière des Champs-Elysées et de la rue du Faubourg Saint Honoré, a des allures de boîte de nuit – un parfait décor pour un remake de « Bob le Flambeur » (autre film, méconnu celui-là, du grand JPM, roi du « noir et blanc en couleurs ».
La maison, il est vrai, se transforme en club de jazz le soir. On y est venu découvrir les belles idées intrigantes de Malcom Elcolasse au déjeuner, avec une formule changée chaque jour qui permet de se rendre compte que l’esprit maison bouillonne. Ce qu’on découvre là ? Les poires rôties au beurre, avec straciatella, pesto basilic, amandes effilées ou le gaspacho pastèque et melon, sauge frite, croûtons ailés bien condimentés et même épicés qui font des entrées en matière de choix.
Ensuite, on embraye sur le « Tonato Vitello », qui n’a rien à voir avec un « vitello tonato », mais se présente comme un thon juste snacké, avec jus de veau, œuf mollet, câpres frites, herbes, mousseline de brocolis. Puis la dite « ratatouille » qui est une aubergine confite avec coulis poivron, coulis de courgette, crumble au grana padano et fleur de thym. Intrigants, on le vous disait, et même sibyllins. Cependant créatifs et savoureux, avec trop d’idées et de saveurs mélangées.
Mais il fait bien que se jeunesse se passe et se tasse, et qu’un style se patine. Les desserts, en tout cas, constituent une partie forte de la maison. Avec les poires au chocolat, pochées à la badiane, crumble cacao, crémeux chocolat et surtout ce riz au lait aux fruits exotiques, très crémeux, avec son joli coulis mangue passion, qui est un modèle du genre.
On boit là dessus, au verre, des vins choisis, comme le vif rully blanc 2021 de Jean-Baptiste Jessiaume et le fringant et solide saumur champigny « vieilles vignes » 2018 du domaine Langlois-Château, en se disant qu’ils cadrent sans mal avec cette cuisine expérimentale. Gageons que l’on reparlera de Malcom Ecolasse…
Le Melville
28 Rue Jean Mermoz
Paris 8e
Tél. : 01 40 75 00 57
Fermeture hebdo. : dim., lundi.
Menus : 37 (formule déj.), 47 (déj.) €
Carte: 55-75 (dîner) €.
Métro : Saint Philippe du Roule, Franklin-Roosevelt.
Site : lemelville.fr














