Paris 10e : une crêpe et plus chez Lulu la Nantaise
À deux pas du Canal Saint-Martin, « Lulu la Nantaise« , dont l’enseigne drôlatique s’inspire évidemment de la fameuse scène de la cuisine dans « les Tontons Flingueurs » conserve une allure de vieux bistrot parisien qui semble avoir traversé les décennies sans trop se soucier des modes. Banquettes patinées, lumière douce, comptoir qui raconte des histoires : l’endroit a gardé son âme populaire, même si aujourd’hui, derrière sa façade un brin nostalgique, c’est une crêperie bonhomme qui anime le quartier.
L’accueil, lui, mérite une mention particulière. Le service est assuré par une jeune équipe de garçons à la nonchalance très parisienne qui semblent considérer le sourire comme une option plutôt qu’un réflexe. Rien de franchement désagréable, simplement cette distance un peu blasée qui surprend d’autant plus quand on arrive du Pas-de-Calais (adieu Arras, adieu Béthune), où la convivialité et l’amabilité semblent inscrits au patrimoine local. Ici, on vous sert avec efficacité, sans effusion particulière.
Mais une fois la carte en main, l’essentiel reprend ses droits. Les galettes de sarrasin sont belles, généreuses, parfaitement maîtrisées, avec cet équilibre entre le croustillant sur les bords et le moelleux au centre. La complète est un sans-faute, exécutée avec justesse, tandis que la galette à l’andouille relevée de camembert au lait cru et d’oignon confit mérite à elle seule le détour : une association franche, terrienne, intensément gourmande, qui revendique haut et fort ses racines de l’Ouest.
Pour accompagner le tout, le cidre de François Séhédic fait merveille. Vivant, précis, doté d’une belle tension, il apporte cette fraîcheur légèrement rustique qui épouse parfaitement le sarrasin. Côté douceurs, les crêpes au froment convainquent un peu moins. Qu’elles soient simplement au sucre ou nappées d’un chocolat évanescent juste badigeonné, elles paraissent un peu bâclées, moins délicates que leurs cousines salées. Rien de rédhibitoire, mais le contraste est net avec la maîtrise des galettes.
Reste que cette « Lulu la Nantaise », inspirée de Tontons Flingueurs, demeure une adresse attachante et peu chère, avec sa belle terrasse, sa façade à l’ancienne, genre vieux bistrot parisien reconverti sans chichi, où l’on vient avant tout pour de un moment de calme, de bonnes galettes et un cidre choisi, halte gourmande idéale après une promenade le long du Canal Saint-Martin.
Lulu la Nantaise
67 Rue de Lancry
Paris 10e
Tél. : 01 42 41 39 71
Fermeture hebdo. : aucune.
Carte : 25 €.
Métro: Jacques Bonsergent.














