100 piments à déguster
Dans la bibliothèque déjà bien garnie des ouvrages consacrés au potager, celui-ci trouve sa place avec une certaine insolence. Signé par Stéphane Bour et Ferdi Aupetit, l’un producteur, l’autre créateur de sauces, le livre affiche d’emblée la couleur : ici, pas de demi-mesure, mais une plongée franche et assumée dans le monde brûlant du capsicum. Le propos séduit par sa générosité. Cent variétés passées au crible (du navajo au fish peppers, du padron au jalapeno, du piment de balcon presque sage aux spécimens capables de faire vaciller les palais les plus aguerris). Bour et Aupetit ont le mérite de ne pas céder à la simple fascination du “toujours plus fort” : ils racontent, classent, contextualisent. Derrière chaque piment, une origine, une culture, un usage. On voyage avec plaisir. Côté jardin, le discours est clair, précis, sans jargon inutile. Les conseils de culture, bien menés, rendent l’aventure accessible. Le livre flirte ici avec une forme de pédagogie grand public efficace. En cuisine, l’ouvrage retrouve du panache. Les idées d’utilisation sont pertinentes, les associations bien senties, et l’on devine derrière ces pages une vraie gourmandise. Le style, lui, oscille entre enthousiasme communicatif et légèreté parfois un peu attendue. Reste un ouvrage séduisant, coloré, utile, qui donne envie de semer, de goûter, de tester — bref, de se brûler un peu pour mieux comprendre. Bref, voilà un livre généreux et accessible, qui réussit à transmettre l’essentiel : le goût du feu et du vivant. N : le si justement prisé piment d’Espelette n’est pas oublié. Mais il est répertorié sous la catégorie de piment gorria (p. 91). CQFD.









