Brasserie Georges
« Lyon : éternelle brasserie Georges ! »
Un bonheur lyonnais : une arrivée directe ou presque, juste à côté de la Perrache : chez Georges qui trône ici depuis 1836, même si le décor de cette vaste salle monumentale date de 1924. On est bien dans l’Art déco, avec ces banquettes rectilignes, qui évoquent celles de wagons de train vintages, ces luminaires géométriques, ces vastes fresques au plafond signé Bruno Guillermin. Les Lameloise, Edouard, Louis et Christian, gèrent avec avec componction ce lieu hors du commun, avec un personnel aux aguets qui sourit avec naturel.
Gigantesque, la maison qui peut accueillir 600 couverts, est sans nul doute la plus vaste de France. On vient là pour le « fun », en famille, fêter un anniversaire (on en a célébré deux le temps de notre déjeuner), mais a des attentions pour chacun, sous la houlette du fort civil Ludovic Amédée qu’on connut jadis à la Coupole à Paris. Le miracle ? Que tout ce qui est servi ici joue dans la catégorie du « fait maison » avec une prestance et une précision sans faille. Une prouesse quasi sportive !
La maison fondée en 1836 par Georges Hoffherr fabrique toujours la bière ici servie. Et le beaujolais de la maison, le vif chenas « au bois retour » du domaine de l’Ogre 2023 accompagne à merveille le splendide pâté en croûte, la salade de lentilles parfaitement assaisonnée, le pressé de bœuf vinaigrette, le tartane de bœuf préparé devant vous et servi avec ses frites ou encore la quenelle de brochet soufflée – et joufflue! – qui requiert 30 mn de cuisson et demeure d’une franche légèreté .
Mais toutes les lyonnaiseries sont au rendez-vous avec prestance, comme le saucisson chaud pistaché ou le foie de veau flanqué d’un gratin de chou fleur. Les mets du semainier (brandade de morue du lundi, joues de boeuf en bourguignon du mardi…) ne manquent pas à l’appel et le chapitre des choucroute (royale, impériale, de la mer) font partie des signatures maison.
On ajoute que les desserts mitonnés minute méritent carrément l’éloge avec une magnifique omelette norvégienne flambée au Grand Marnier, servie pour deux, qui est un modèle du genre ou encore l’île flottante aux pralines roses. Et que les tarifs de « la Georges », comme on dit à Lyon, restent d’une évangélique sagesse, surtout si on les compare à deux de ses homologues parisiennes. God save the Georges !














