Paris 18e : rendez-vous au Rêve !
Ce café est éternel. Simenon, Céline, Cendrars ou Marcel Aymé y avaient leurs habitudes. Brel y avait composé « Ne me quitte pas ». Patrick Modiano aimait donner « rendez-vous au Rêve ». Durant quarante ans, Elyette Fegard-Planchon y préserva l’esprit du lieu avec ses verres gravés, ses stucs, son fer forgé du bar, ses céramiques. Mathieu Renucci, ex de l’immobilier, simplement passionné de bonnes choses, l’a repris avec des amis en 2023, après quelques années de fermeture, et une rénovation discrète sans lui faire perdre aucunement le doux charme du passé.
Si bien qu’on croit que rien n’a changé depuis l’origine. Même si le vieux téléphone vintage a disparu et si les toilettes ont été modernisées. On peut y venir, en tout cas, tous les jours, sauf dimanche, boire un café, un apéro ou un verre ce qu’on voudra en terrasse, en salle ou au comptoir, sans omettre de sacrifier aux grignotis du moment. Et de faire un sort aux petits vins au verre choisis avec malice (comme le léger Chinon extra-ball à la couleur pâlichonne).
Le registre culinaire maison verse dans le classicisme de bon ton, à coups de céleri rémoulade et haddock, de saumon en gravlax, de terrine de campagne. La blanquette de veau figure en suggestion du jour. La salade Caesar, le tartare de boeuf au couteau ou le suprême de volaille crème forestière font partie des standards maison. Et les douceurs (crème brûlée au café, mousse au chocolat) ne sont pas maladroites.
Voici, pour le plaisir, le texte d’Une jeunesse, où Patrick Modiano évoque le lieu avec une nostalgie rêveuse. « Ils étaient assis sur l’une des banquettes du Rêve, un café de la rue Caulaincourt que Louis aimait bien à cause de son nom. Cela les amusait, Odile et lui, de dire : « Rendez-vous à cinq heures au Rêve… » (Gallimard, 1981).
Au Rêve
Métro(s) proche(s) : Lamarck – Caulaincourt












