Le bistrot du mois – Paris 16e : le nouveau Bizetro est arrivé !
On vous en avait parlé il y a trois ans : c’était la maison de Pierrot Parola. Le prénom de ce dernier est demeuré sur l’enseigne – même si on ne dit plus « chez Pierrot », mais simplement « le Bizetro » pour désigner cette demeure qui vient de changer de main. Le nom du lieu fait d’ailleurs au référence à celui de la rue Georges Bizet, où elle joue le rôle d’enclave « popu » dans un quartier chic et touristique voué au luxe tout azimut. A deux pas des Champs-Elysées, des avenues Marceau et George V, de la monumentale place d’Iena et du noble Palais Galliera abritant le musée de la mode, ce bistrot est une sorte de QG authentique et préservé. Un public de joyeux drilles, de bons mangeurs, de francs buveurs et de « fashion people » s’y côtoie en toute liberté. On y a même vu – eh oui-des quidams y boire du Coca!
Reste que la maison demeure affilée aux « bistrots beaujolais » sous la houlette du jeune (29 ans) Quentin Vesse, ancien d’ici même et de l’excellent Moulin à Vent de la rue des Fossés Saint-Bernard, qui y insuffle son exceptionnelle bonne humeur doublée d’une énergie sans faille et d’un goût immodéré pur les bonnes choses. Tandis que sa complice Joanna accueille en salle avec dynamisme, il se faufile entre les tables, glisse entre bar et cave avec la même dextérité. Les banquettes ont du chic, le comptoir en zinc est signé Nectoux, les ardoises sont alléchantes et les choix de vins fait accomplir quelques jolis circuits entre Saône et Rhône.
On ajoute que les assiettes sont splendides, le programme éminemment canaille et fort bien tenu et les liquides valent le solide. On précise que tout ici est tarifé sans excès et que les gens qui prennent deux hors d’oeuvre (comme notre adorable voisine japonaise de l’autre jour venue ici taquiner les escargots persillés et les os à moelle, avant la crème caramel, arrosant le tout d’une carafe d’eau) n’y sont point méprisés. Au contraire.
On comprend ainsi que la maison fasse vite le plein, que la queue s’allonge au dehors pour le deuxième service du midi. Et que quelques rondelles de saucisson (du beaujolais), un superbe carpaccio de tête de cochon bien vinaigré et un verre de Ladoix les Buis du domaine Cachat-Ocquidant au joli nez noiseté vous convainquent aisément de patienter en attendant qu’une place se libère.
Ce qui vous attend là ? Du franc, du bon, du net, du sans chichi : tonique céleri rémoulade, chic terrine de tête de cochon servie tiède, échalotes, persil, vinaigrette, belle terrine de campagne, solide et délicieux gratin d’andouillette (de chez Braillon) à la tomme de Savoie, au sancerre, servi dans sa cocotte en fonte mais aussi tripes « du Bizetro » dans leur belle sauce tomatée avec leur pommes vapeur font tous du bien par où ils passent.
On ajoute les gourmandises sucrées régressives, telle que la mousse chocolat avec son grain de sel, le riz au lait caramel beurre salé ou le clafoutis aux pommes et poires, fleur d’oranger et badigeonné de caramel. Toutes sortes de jolies choses qu’on arrose d’un des vins coups de coeur du moment, comme le Régnié « Lachat » de Sandrine Henriot, avant de céder aux études comparatives fort sérieuses du calvados d’Étienne Dupont à Victor-Pontfol en sa version boisée « 30 ans d’âge non réduit » ou, plus fruitée, 15 ans. Bref, on sort de là, en prenant son temps, en se disant simplement que la vie a du bon et que ce Bizetro mérite d’être classé d’utilité publique.
Le Bizetro
Paris 16e
Tél. 01 47 23 85 41
Carte : 45-65 €
Horaires : 12h-15h, 19h-23h
Fermeture hebdo. : Lundi soir, samedi, dimanche
Métro(s) proche(s) : Alma-Marceau
















