Paris 1er : Cloche version bistrot
On vous avait parlé, il y a pile deux ans, de la résurrection en lieu snobissime de la bonne vieille Cloche des Halles de Serge Lesage. Ce dernier tenait là un bar à vin mythique où l’on servait le meilleur jambon/beurre de la capitale – avec un jambon à l’os exemplaire et des beaujolais de première bourre. Le lieu a conservé sa façade d’antan avec son enseigne dédiée à l’ancienne cloche des halles qui sonnait le début et la fin des cours. Et les frères Cohen, Arthur et Victor, à qui on doit deux tables japonaises chics et chocs -Ojii dans le Marais, Ojii Perronet dans l’ex-Perron côté St Germain) – y ont imaginé là un lieu très costien.
Le lieu, qui a conservé son nouveau comptoir en marbre, ses murs plaqués de bois précieux, se reconvertit ces temps-ci en bistrot bon enfant, faisant ainsi retour à ses origines, avec son look troquet de bon ton avec nappes à carreaux verts et blancs ou en papier, serviettes aussi hélas, de la même finition, mais peaufinant son registre canaille avec minutie, sous l’aile d’un chef d’origine mexicaine, Robert Mendoza. Les prix n’ont guère baissé, mais si l’on excepte les propositions au caviar, on peut ici s’en tirer à bon compte.
La viande d’exception, de Galice ou d’ailleurs, le menu avenant au déjeuner en semaine – car, et, c’est nouveau par rapport au début, la maison ouvre désormais au déjeuner – , le frais et fruité morgon de Georges Descombes proposé au verre à tarif correct – qui fait, un peu oublier, la carte des vins trop onéreuse, avec notamment des beaujolais à plus de 80 € -, les œufs mayo à la poutargue et la belle terrasse face aux anciennes halles, donnent envie de prendre son temps et quelques bonnes habitudes.
Parmi les réussites maison, on citera les poireaux vinaigrette joliment moutardés relevés d’une huile de poireaux, qui sont carrément superbes, le crudo de truite à la roquette avec sa vinaigrette au citron et huile d’olive, le formidable onglet de bœuf Angus avec sa sauce aux trois poivres, servi saignant (tarifé, il est vrai, 39 € mais carrément géant!), avec d’exquises pommes grenailles ou le filet de bar, beurre au dashi, pommes purée et oeufs de truite valent largement le coup de fourchette.
Bref, on est dans le bistrot de luxe. Mais plutôt moins cher que le proche voisin, il est vrai star incontestée du genre, la Poule au Pot. Le service, féminin, est, lui, souriant et avenant, à défaut d’être toujours prompt. Et, sur un registre de desserts un peu court, voire pauvret (glaces du Bac à Glaces, fondant au chocolat), la pavlova aux fraises ne s’en tire pas trop mal. Bref, une Cloche de qualité à revisiter d’un oeil neuf…
Cloche
1 Rue Coq Héron (angle 28 rue Coquillère)
Paris 1er
Tél. 01 42 36 03 63
Menus : 25 ( formule, dej., sem.), 29 (dej., sem.) €
Carte : 50-100 €
Fermeture hebdo. : Lundi.
Métro(s) proche(s) : Les Halles, Louvre-Rivoli.













la cloche c’est celui qui va becqueter pour 100 balles dans un bistrot aux halles.