Paris 9e : la cuisine familiale selon Franck Baranger
Quand Franck Baranger et ses copains de l’école hôtelière, Édouard Bobin et Nicolas Chatelain, avec qui il a notamment créé Pantruche et Caillebotte, s’amusent à réinventer la cuisine familiale, ils débaptisent leur table poissonnière de la rue Navarin (« la Belle Maison ») qui devient pour l’occasion Le Savarin. Pas de jeu de mots avec le nom de la rue, mais l’hommage à une pâtisserie de tradition que Franck, cuisinier de formation classique, aux côtés de Jacques Sénéchal aux Célébrités, Christian Constant au Violon d’Ingres et aux Cocottes, mais aussi avec Eric Frechon connaît bien.
Le lieu, avec son grand comptoir et ses chaises en bois, comme ses tables simplement mises, a le charme bistrotier. Mais ses serviettes en tissu et sa terrasse providentielle sur la rue pour les beaux jours sont des atouts de caractère. En outre, le service mené par le gersois débonnaire et souriant Christophe, natif d’Auch et qui a gardé l’accent chantant du Sud Ouest, ne manque pas de tonus.
Au programme, les huîtres de Saint-Vaast avec vinaigre-échalotes et beurre demi-sel, les cannelloni de crabe avec sauce tomkha à la thaï (qui cache un tantinet le goût du crabe), les tripes au vin blanc avec leur vinaigrette et oignons caramélisés – certes, un peu perdues dans la salade d’endives carmine à la graine de moutarde en complément – et les oeufs en meurette, avec champignons boutons, lardons, croûtons et oignons grelots font des hors d’oeuvre pleins de bonne volonté.
Le tartare de bœuf au couteau (tranché sans doute un peu gros) avec ses exquises frites maison et son cœur de sucrine, la cuisse de volaille fermière farcie de langoustine et d’estragon avec pommes purée et une sauce bisque, le vol-au-vent de lotte avec épinards et navets ou encore le bon poulet du dimanche avec les mêmes frites maison croustillantes sont bien vus.
Le choix de vins fait un peu dans le « nature » à tout-va. Mais pourquoi pas ? L’Echo issu de chardonnay de Clusel-Roch, en coteaux du lyonnais, maison plus fameuse pour ses splendides côtes rôties, le frais brouilly les Eronnes du domaine Jambon à Odenas ou le perlant beaujolais-villages « sur le fil » de la savoyarde France Gonzalvez ne manquent pas de tonus.
Un bon point, en tout cas, pour les desserts, avec les sorbets (maison) poire et cacao, la crème brûlée au Grand-Marnier ou encore le baba au rhum (brun, Saint-James) avec citron confit et crème montée mascarpone. On achève sur une « goutte de poire » de chez Cazottes à Villeneuve-sur-Vere, près de Gaillac dans le Tarn. Voilà un lieu de bonne compagnie et qui ouvre tous les jours ! Service jusqu’à 15h le dimanche…















J’étais à l’ouverture du Pantruche, c’est dire que Frank Baranger,, Je l’ai pratiquement porté sur les fonds baptismaux… Quinze ans plus tard, Je suis toujours très fier de mon bébé… Tout ce qu’il touche a le charme infini du personnage aussi discret,modeste que talentueux…:
Son Savarin est,pour ainsi dire,«Brillât»…