Fratelli Castellano
« Paris 15e : un bonheur de pizza chez Fratelli Castellano »
Direction le 15e où notre philosophe gourmet, Jean-Roch Frionnet, a trouvé une pizzeria napolitaine qui vaut le détour. On l’écoute !
Dès sept heures du soir se déverse, dans la rue Fondary et celles à l’entour, une odeur de pâte à pizza. Curieux, on suit le fumet pour en découvrir l’origine. Sa source : Fratelli Castellano. Une petite adresse tenue, sans surprise, par les frères du même nom, qui possèdent également une seconde adresse rue Pierre Leroux côté 7e.
Les écharpes de supporter, les images de Maradona sanctifié et l’accent si caractéristique ne laissent nulle place au doute : nous sommes à Naples. La chaleur de l’immense four à pizza se répand jusque sur les clients qui, impatients, se tiennent sur le trottoir en attendant leur commande comme devant un pop-up store du marais. En effet, pour espérer dîner sur place, il faut prévoir son coup. La petite salle est vite pleine. Et même si l’on choisit de commander à emporter, mieux vaut être patient – surtout le soir.
Les trois frères, Luca, Giampaolo, Davide et les pizzaiolos, frénétiques, s’activent et mettent tout de suite à l’aise. On sent ici l’ambiance familiale. Nous voilà sommes servis. La pâte est parfaite : finesse toute napolitaine mais croustillant romain. Comme si l’on mangeait un très bon pain ; et pour cause, le chef a la préciosité de faire lui-même sa farine. Et sur ce pain, une sauce tomate – maison elle aussi –, du basilic bio en quantité, et une mozzarella fior di latte irréprochable. La margherita est au rendez-vous, la marinara aussi. Filets d’anchois allongés sur la sauce, olives qui pleuvent et origan frais. L’huile d’olive mouille légèrement la pâte.
Toutes les pizze ont cette circularité légèrement irrégulière et ces gonflements volcaniques qui montrent le savoir-faire des chefs qui pétrissent en cuisine. Ne craignons pas les superlatifs : sans aucun doute la meilleure pizza de Paris – et parmi les meilleures de Naples. À des tarifs franchement dérisoires (les pizze coûtent en moyenne quatorze ou quinze euros), on peut se faire le plaisir d’un dessert. À raison, car le tiramisù est pareillement séducteur. On se demande déjà ce qu’on goûtera au prochain tour !














