A la recherche d’Assaf Granit
Assaf Granit, et ses copains de Machneyuda à Jérusalem, vous les connaissez par coeur. Mais si l’équipe est joyeuse, les tables nombreuses évidentes, leur leader charismatique demeure un mystère. Catherine Roig à qui on doit de nombreux livres gourmands, notamment sur la Bretagne et la Provence, est partie à la recherche de cette super star de la cuisine israélienne en mouvement. Elle l’a suivi à Jérusalem (où a commencé son histoire, son groupe et sa légende, près du marché à qui sa table pionnière doit son nom), à Tel Aviv (où il réside), à Paris qu’il a conquis, à travers Balagan, puis Shabour, Tekes, Boubalé, Shana, à Berlin, enfin, où se trouvent ses racines ashkenazes et où il a créé une table dédiée à sa grand mère Berta. C’est à la fois passionnant et gourmand, instructif et chaleureux, pertinent et judicieux. Les portraits de ses complices Uri Navon, le co-fondateur, Tomer Lanzmann, le maître de maison, Dan Yosha, le complice parisien, sont chaleureux, vifs, éclairants. Et, bien sûr, les cent recettes maison qui virent souvent aux clins d’oeil, ne négligeant pas les références aux racines des uns et des autres, usant des jeux de mots dans un joyeux sabir anglo-franco-hébreu, sont toutes appétissantes (entre Chraime a river, Coq-lettes au vin, Haring smering, Beni mousse et Bish Bash Bouche). Les variations sur le thème de l’aubergine, de l’oeuf (Haminados) des foies de volaille de son enfance et du pain en folie (ah, le frenavon, jadis imaginé par Uri Navon et devenu la signature de la maison !) donnent toutes faim avec l’envie de cuisinier et de se mettre à table. On insistera enfin sur la belle mise en page et en images, les chapitres dédiés à l’art de recevoir et de vivre autant qu’aux produis eux mêmes. Bref, voilà, un beau livre comme un splendide cadeau à offrir à ses amis gourmands, curieux et sans oeillères.
Boire Manger Vivre – Assaf Granit, textes de Catherine Roig, photographies d’Emanuela Cino (Hachette Pratique, 360 pages, 60 €).








