Les Ames Féroces de Marie Vingtras
Il y avait « les Ames Grises « de Philippe Claudel, qui évoquait l’assassinat mystérieux d’une fillette en Meuse en 1917. Il y a désormais « les Ames Féroces », récit en quatre temps, avec quatre narrateurs impliqués dans l’affaire et la petite ville de Mercy. sans histoire apparente, la disparition de Léo, une jeune fille apparemment douce, charmante, aspirant sans doute à plus de liberté et à retrouver sa mère en Italie, qui remue un bourg anodin de l’Amérique profonde avec ses lâchetés et ses mystères. Marie Vingtras, dont c’est le deuxième ouvrage après le très réussi « Blizzard » (prix des Libraires 2021) narre, avec des airs de conteur habile et roué, une ville ordinaire et ses gens qui ne le sont pas moins basculant dans le drame. Le premier narrateur est la shérif locale, Lauren Hobler, qui vit sa vie indépendante, veille sur sa compagne meurtrie par son ex-mari violent, doit se heurter à son adjoint ou aux édiles de la cité, mais poursuit son enquête, coûte que coûte, même si elle doit perdre son poste. Puis Benjamin, le professeur de Léo, un homme élégant et raffiné, amoureux de la littérature, dont le passé trouble pourrait transformer un coupable idéal. Puis Emmy, sa meilleure amie qui est aussi sa rivale, son père… Marie Vingtras laisse le mystère s’épaissir, s’éclaircir. Entre thriller psychologique et western « agatachristien« , elle tisse sa toile avec habileté. Et le lecteur ne lâche pas le livre avec le mystère final… Une deuxième roman, cinématographique, réussi, qui évoque « Fargo » ou « les panneaux de la vengeance ». Mais inutile de l’accabler sous les références…
Les âmes féroces de Marie Vingtras (L’Olivier, 272 pages, 21,50 €).






