L’Opportun
« Paris 14e : Alzérat père, filles et merveilles »
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Quoi de neuf? L’Opportun! Même si ce n’est pas neuf, même si vous connaissez par coeur cette maison … de coeur. Serge Alzérat, natif de Roanne, monté jadis à Paris avec son baluchon et ses envies de cuisine, en avait fait une institution bonhomme et gourmande de son quartier, recevant, en beaujolothérapeute avisé, flacon en main dans la maison devenue celle de sa fille Morgane. Celle-ci, on le sait, a allégé la manière maison, mais sans omettre de céder aux mets canailles d’usage.
Sous la houlette de cette ex spécialiste de la communication devenue, à son tour, aubergiste chic et choc, le lieu demeure ce qu’il fut : un QG de copains, qui tient à la fois du bouchon lyonnais dans un quartier breton de Paris (celui de la gare Montparnasse) et du repaire d’habitués. Gens de lettres (ce midi, Daniel Pennac, et, face à moi, mon vieux pote Eric Neuhoff), des médias, de l’université, de la politique, du barreau, qui raffolent de choses bêtes et bonnes, connues ou rabâchées, mais surtout, immédiatement identifiables : oeufs mayo moutardés, anchois frais marinés, salades lyonnaises (lentilles, haricots cocos et fraise de veau, museau, céleri rémoulade) ou de saison, avec ses ravioles du Royans grillées font plaisir en liminaire.
La fine et aérienne quenelle de brochet (un chef d’oeuvre du genre, bien soufflée) avec sa sauce bisque façon Nantua, le tablier de sapeur (la tripe de boeuf panée) servi sur un beurre persillé flanqué de ses pommes frites maison et , enfin, les oeufs en neige aux pralines : voilà qui se propose là benoîtement, ne révolutionne rien, mais donne du bonheur à tous. Les liquides sont du même bel acabit, comme le « Gentil » (mélange de cépages nobles) de la maison Hugel à Riquewhir 2022, ou le splendide Elixir des Fournelles signé Guillaume Dumontet, en côte de Brouily-Chardignon 2019 font bien par où ils passent.
On achève sur une fleur de bière Wolfberger servi glacé qui, selon l’expert beaujolothérapeute, soigneur de la soif et explorateur de la pépille, le beau Serge, « dissout les mauvaises graisses« , en se disant que, malgré la folie du monde, la vie est belle. Vive l’Opportun !












