Balzac à Turin vu par Max Genève

Article du 24 mai 2024

On vous en avait parlé à sa sortie. Reparaît ces jours-ci en format poche l’excellent livre de Max Genève sur le voyage de Balzac à Turin. Le moment de relire ce que nous en disions à l’époque…   Et, sur Max Genève, alias Jean-Marie Geng, voir notre « Alsace des Ecrivains« .

Max Genève, qu’on connut jadis sous le nom de Jean-Marie Geng, alors qu’il publiait « l’Illustre Inconnu » (c’était en 1978 chez Christian Bourgois), a toujours su mettre en scène les écrivains, célèbres ou non avec talent. Le joli récit qu’il nous donne aujourd’hui livre un Honoré de Balzac perclus de dettes, qui, pour fuir ses créanciers et mettre du beurre dans ses épinards, doit accomplir une mission juridique pour un certain duc de Guidoboni-Visconti. Il est accompagné pour ce voyage dans ce qui est alors la capitale du royaume de Sardaigne (elle ne sera capitale italienne que de 1861 à 1865) par l’exquise Caroline, déguisée en homme, qui se fait passer pour son page. Ce voyage insolite, destiné à régler un problème d’héritage, sera un moment heureux dans la vie d’un Balzac épuisé par le labeur, qui vient d’écrire « le Lys dans la Vallée », perd son journal (« la Chronique de Paris ») et à qui la critique littéraire fait payer ses positions royalistes. Avec malice, drôlerie, érudition, Geng/Genève le suit pas à pas, se perdre dans les dédales du vieux Turin. « Il n’était pas cinq heures, le romancier se sentit une furieuse envie d’entrer dans un mauvais lieu de boire un verre de mauvais vin en compagnie d’une femme de mauvaise vie. Il se l’autorisait rarement à Paris, mais à Turin« … Voilà un bien joli voyage littéraire à ellipses.

Le voyage de M. de Balzac à Turin, de Max Genève (Safran Poche 222 pages, 8,90 €).

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Publié le  24 mai 2024 par

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