Ni pleurs ni pardon de Vincent Quivy
Une vie à fuir : celle du héros de ce livre, rédigé, à la seconde personne, comme « la Modification » de Butor ou « Un homme qui dort » de Pérec, mais pas pour les mêmes raisons. Un jeune homme fête ses 17 ans avec sa mère à Palma de Majorque. Son père fuit les autorités françaises, après avoir rejoint l’OAS aux côtés du capitaine Sergent. Il envoie ses sbires en quête de son fils, tentant également d’aider son ex-femme dont il est divorcé depuis belle lurette. Ce fils qui s’ennuie à Palma, fréquente le bar d’Attila, veut rejoindre Barcelone et son ami Esteban. Il se retrouvera au pays basque français pour combattre dans l’ombre la police de Franco. Historien des « soldats perdus » de l’Algérie française, Vincent Quivy, dont c’est ici le premier roman, imagine une intrigue haletante façon thriller. On suit les fuites de notre héros qui n’a pas de nom, aidé par les hommes du gouvernement français qui voudraient le voir trahir son père, lui évitant la prison, déjoue les sbires de l’OAS, refait une trajectoire inverse, entre surf et marijuana. On le voit grandir en âge, subissant un parcours pleins de méandres, filer en Amérique, passer par la case prison. Une jeune fille à Bayonne lui donne à lire « Sur la route » de Kérouac. Mais son chemin sera beaucoup moins ensoleillé de celui de son modèle. Âpre, rude, mais passionnant, ce surprenant parcours se dévore sans se lâcher jusqu’à la pirouette des dernières pages. On comprendra alors qui dit « tu » à ce voyageur de nulle part.






