Goats With The Wind
« Yodfat : la ferme des chèvres »
C’est une ferme du bout du monde, perdue quelque part en Galilée. Dalia Spiegel, qui élève des poules, des chèvres et quelques vaches, sert avec componction les produits de sa ferme. Cette ancienne journaliste d’origine irakienne, qui doit à un mari aux racines allemandes son patronyme ashkénaze, est devenue restauratrice aux champs et en montagne comme on dédie sa vie à recevoir les autres.
L’hospitalité, la gentillesse, la générosité sont ici données de nature. On visite la ferme et les animaux dans les enclos, puis on se dirige vers sa table forcément réservée, habillée et colorée (il y a le choix entre celle à terre, qui vous oblige à manger les jambes croisées façon yogi ou bédouin, ou celle pourvue de chaises, plus confortables). Un repas ici est comme un voyage : il se gagne de haute lutte après un chemin sinueux et tortueux. La route non goudronnée est en soi même une aventure.
Ce qui vous attend là ? Des fromages de chèvre, sous toutes leurs formes : le labné avec son huile d’olive, son pain exquis, les chèvres frais, puis les chèvres grillés, puis les chèvres affinés, et la planchette avec les exquises tommes aux herbes, aux airs de gouda galiléen.
Il y encore les salades aux légumes et fruits d’ici : choux rouges, tomates confites, poivrons, aubergines, assaisonnées à l’huile d’olive et à la vinaigrette de sésame, sans omettre les pommes (fruits) émincées.
In fine, Dalia vous raconte son histoire, tandis qu’on croque les petits baklavas exquis, que l’on arrose d’un curieux thé noir. Au sortir du lieu, en reprenant la même voie sinueuse, en dérivant vers Carmihel, Haïfa ou Akko, on se demande si on n’a pas rêvé…
PS : le nom du lieu ? Un jeu de mot anglais évident, entre « Gone with the wind » (« autant en emporte le vent », le livre de Margaret Mitchell devenu le film mythique de Victor Fleming avec Vivien Leigh, Clark Gable et Olivia de Havilland) et « Goats With The Wind » (« chèvres dans le vent »). CQFD.













