L'Epi d'Or
« Paris 1er: retour à l’Epi d’Or »
Ce bistrot chic et bon, qui se veut à la fois « familial et populaire » signé Piège, on vous a parlé à l’ouverture. On y est retourné en retrouvant l’esprit d’un bouchon lyonnais à la parisienne – ou l’inverse. Jean-François et son épouse Elodie, qui possèdent le Clover Grill et la Poule au Pot tout à côté, dans le quartier des anciennes halles, que Zola nommait « le Ventre de Paris », l’ont revu avec finesse et justesse, sans en bouleverser l’âme. Tout est comme avant, ou presque, avec ses céramiques au sol, son splendide comptoir en zinc, ses belles banquettes brunes, ses tables de bois, ses vitres de verre gravé annonçant les toilettes.
La cuisine est désormais ouverte. On travaille à faire plaisir au gourmand habitué ou de hasard avec des mets de toujours à peine revisités. Saucisson de Laborie à Parlan, potimarron cuit au four, avec beaufort et châtaigne, oeufs mayonnaise relevés de paprika, confit de canard aux pommes sarladaises, « poisson pané d’Antoine« , en l’occurrence du maigre, servi avec ses pommes frites maison ne font pas de vagues. Le service est rodé. Le beaujolais « la galoche » du domaine de St Cyr coule dans les verres.
Le prix de la formule a, certes, augmenté de 10 €, au regard de la modestie sage de l’ouverture. Mais c’est la loi du genre et il faut suivre le mouvement de l’inflation. Reste que les tarifs demeurent raisonnables et que la qualité comme la régularité sont au rendez-vous. Y compris en issue, avec le craquant chou praliné au sarrasin ou l’ananas taillé en carpaccio au sirop, avec citron vert, menthe qui séduisent sans mal. Voilà une manière sérieuse et solide de faire simple avec du (très) bon, conciliant tradition et air du temps.











