Le mauvais goût selon NEO
Nicolas d’Estiennes d’Orves, on le sait, a le mauvais goût très sûr. Ce jeune membre du club des cent aime l’andouillette et le fait savoir ici même, la cuisine et la mange (seul, debout, la fenêtre ouverte), de drôle de façon (recette p. 23). Il fustige, non sans justesse, le « vin nature », mais ne néglige pas de révérer quelques bons auteurs sinon oubliés, du moins placés au second et même au 3e rayon, de Serge Brussolo à Jean Ray. Incollable sur Luis Mariano, fortiche sur le professeur Choron, impitoyable avec les magasins de souvenirs, il éprouve de la tendresse pour le porno soft, les SMS scabreux, l’humour scato ou le cinéma de série B, Just Jaeckin et Robert Rocca. S’il est déçu par les Tontons Flingueurs, il fait l’éloge du très dérangeant la Traque. Révère, pêle-mêle, Francis Blanche, Laurent Gerra, Jean Yanne et le méconnu Ylipe. Bref, et on le comprend vite, ce dictionnaire amoureux, qui vire très vite au catalogue, vaut pour son côté éclectique. Mais ce mélange de musée des horreurs et de bric-à-brac où s’entassent les vieux souvenirs a le mérite d’être toujours drôle et de ne jamais se prendre au sérieux.
Dictionnaire amoureux du mauvais goût de Nicolas d’Estienne d’Orves (Plon, 608 pages, 26,50 €.)








