Annecy : exquis Café Brunet
Sur les hauteurs d’Annecy-le-Vieux, à l’écart de l’agitation touristique et avec le lac en toile de fond, le Café Brunet s’impose comme une adresse choisie. Une maison qui respire l’authenticité, avec son décor de vieux bouchon : comptoir patiné, banquettes accueillantes, lumière douce… et, surtout, ce grand jardin où l’on déjeune à l’ombre des marronniers dès les beaux jours. Un vrai luxe simple.
L’histoire du lieu ajoute à son charme. Lancé jadis par Laurent Petit comme annexe du Clos des Sens, il a trouvé aujourd’hui un nouveau souffle sous l’impulsion enthousiaste de Mathieu Fortin présent là depuis quinze ans. Sans trahir l’esprit originel, il en ravive l’âme bistrotière avec une sincérité qui fait mouche, avec un chef aux origines lyonnaises qui taquine le répertoire avec justesse et doigté.
Dans l’assiette, pas de fioritures inutiles, mais du goût, du franc, du juste. Le pâté en croûte maison ouvre le bal avec panache : croûte dorée, farce savoureuse, équilibre maîtrisé. La féra à la plancha, délicate, s’accompagne d’une tombée d’épinards toute en finesse. Le pot-au-feu, lui, joue la carte du réconfort, généreux et parfumé, comme un dimanche en famille.
Quant au foie de veau à l’ail et au persil, il rappelle combien la simplicité, lorsqu’elle est bien exécutée, peut être bouleversante. On n’oublie pas la blanquette du mardi,, le poulet frites du mercredi et la quenelle de brochet du vendredi. On termine sur une note douce et régressive avec un pain perdu parfaitement caramélisé, suivi d’une tarte aux pralines roses flanquée d’une mousse à l’hibiscus, qui apporte une touche florale bienvenue.
Et l’on fait passer le tout avec une mondeuse bien choisie ou un frais « pot de côtes ». Bref, voilà une maison de cœur où l’on revient pour l’atmosphère autant que pour l’assiette. Une halte précieuse, hors du temps, où le bistrot retrouve ses lettres de noblesse.














