L’éloge de la province de Thomas Morales
Nous avons parlé récemment de ses « Bouquinistes« . Thomas Morales continue de cultiver son amour de la nostalgie, butinant deci delà d’une province l’autre, même s’il est d’abord à la sienne, ce Berry un peu oublié des itinéraires à la mode. Natif de Bourges, avec des racines espagnoles,ce chroniqueur attachant s’interroge sur son pays tant aimé et si bousculé. Il continue de mettre à l’honneur les poètes ou cinéastes des lisières, dresse l’éloge de de Broca ou d’Hardellet, se souvient d’ADG (l’auteur insolent et si talentueux de « séries noires » comme « la nuit des grands chiens malades » et du « grand môme ») et de Léo Malet (le créateur de Léo Malet), vante le Bourbonais qui a « l’immobilité prévenante » et fut le pays de René Fallet. Né en 1970, Morales se souvient avec exactitude de ceux qu’il n’a pas connu, faisant surgir du passé des ombres attachantes. Son écriture, qui joue des feintes et des déliés, en fait un parfait compagnon fugueur pour de belles échappées vers une France qui semble disparaître sous nos yeux et renaît avec brio sous sa plume.
Tendre est la province, de Thomas Morales (Equateurs, 238 pages, 19 €).







