Le Sully
« Paris 4e : retour gagnant au Sully »
Depuis 1917, les Vidal tiennent le Sully, tête de pont entre le Marais, l’île Saint-Louis et la Bastille, face au métro Sully-Morland. Le décor néo-1900 paraît d’hier, mais on y est bien entre grand comptoir en laiton, boiseries, miroirs, banquettes, objets souvenirs en vitrine (chopes de bières ou vieilles carafes de Ricard)). Romain Vidal, qui a repris les rênes de la maison, crée par l’arrière grand-père venu de Saint-Geniez-d’Olt, veille avec sérieux et le sourire sur la qualité maison.
Un chef expérimenté venu des Enfants Gâtés dans le 14e, Frédéric Bidault, est venu rehausser le niveau de qualité si bien que les mets de tradition ici servis n’ont jamais été meilleurs. Oeuf mimosa avec sa mayo corsée, harengs pommes à l’huile, foie gras de canard relevé de baies roses (pourquoi pas ?) et son chutney d’oignons au vin rouge, soupe à l’oignon délicieuse font des entrées en matière de qualité. On y ajoute le foie de veau à l’anglaise avec son lard bien grillé et sa purée de pommes de terre beurrée, le fish & chips de cabillaud, le tartare (bien assaisonné) avec ses frites craquantes ou le faux filet béarnaise.
Le choix de vins qui a valu à la maison la coupe du meilleur pot 2023 continue de faire plaisir à tous, avec le vif pouilly-fumé signé Blondelet-Fargeau, le friand chiroubles du domaine Cheysson, le beaujolais nouveau 2024 éclatant de fraîcheur et de fruit de la famille Girin comme le plantureux rouge languedocien de l’abbaye de Sylva Plana en Faugères.
Les desserts (fondante tarte Tatin, crème brûlée très vanillée, crêpe flambée au Grand Marnier et copieuse île flottante) sont fort bien vus sur le thème de retour au goût d’enfance. Le doigt de prune de Souillac signé Louis Roque, servid in fine, donne envie de prendre ici de prendre de bonnes habitudes.












