La Villa 9 Trois
« Montreuil : dans le vent de Camille Saint M’leux »
On vous a parlé l’an passé de ce jeune homme bien né – en Bretagne – à la tête bien faite et bien pleine qui illumine le 9.3. Depuis Camille Saint-M’leux et la belle villa années qui porte le nom de son département ont obtenu une étoile bien méritée. Le succès est désormais assuré dans ce lieu au charme 1920 avec son jardin où dîner aux beaux jours est un bonheur.
Le grand calme et le charme champêtre vous est ici promis, au coeur des demeures modernes et HLM de Montreuil, tandis qu’un jeune service plein d’envolée se met en quatre pour vous faire goûter une partition fraîche, légère, iodée aux couleurs du grand Ouest.
On rappelle que, natif de Nantes, avec des ancêtres malouins (son nom dérive de celui de la cité corsaire), ayant travaillé à Londres chez Brett Graham au Ledbury, à Paris au Taillevent avec Alain Solivérès, au Shangri La avec Christophe Moret et le pâtissier Michaël Bartocetti au Cinq avec Christian Le Squer, sans oublier de voyager en Australie, le grand Camille connaît la musique.
Il séduit sans mal au gré de deux menus alertes qui jouent successivement terre/mer avec subtilité. Les artichauts camus avec condiment whisky et vinaigrette, le caviar osciètre avec royale de laitue d’Ile de France ou encore la tomate « tapée » au soleil, son sirop de tomate infusée à la dulse, son huile d’olive font des entrées en matière de haute volée.
On se laisse séduire ensuite par la moelleuse joue de cochon mariée à la palourde (un mariage très portugais façon Alentejo) avec son consommé iodé, puis par lieu jaune de petit bateau cuit à la nacre, le beurre de koji d’orge, sa frisée, mais aussi le homard bleu breton avec sucrine braisée, sauce grand veneur qui évoque une bisque un peu sauvage.
Il y a encore le bœuf de Châteauneuf en Pas-de-Calais, avec ses oeufs de hareng fumé, sa sauce onctueuse, sa belle sapidité, sa tendreté, devenu un classique de la maison. Enfin, après le « trou normand » moderne, le chocolat de Sao Tomé à 75%, son sarrasin torréfié, son grué, mais encore la rhubarbe, avec vanille et anis qui permet d’achever en légèreté.
La carte des vins, présentée le vif et compétent Jérémie Chemama a de la ressource à tous les prix. Et le saint-joseph « la source » de la famille Ferraton en 2021 livre une belle expression de la syrah tout en charme et violette qui s’harmonise ici avec un beau repas terre/mer. Visiblement, cette Villa 9 Trois a de bien beaux jours devant elle.















