Paris 8e : les raffinements chinois et étoilés d’Imperial Treasure
Il est désormais seul dans sa catégorie. Couronné au Michelin cette année, Imperial Treasure est aujourd’hui l’unique table chinoise étoilée de France. Une distinction qui vient saluer la précision d’une maison née à Singapour, sous le sceau d’Alfred Leung, titulaire de deux étoiles à Shanghai, d’une à Singapour, Hong Kong et Canton, et installée discrètement rue de Bassano, à deux pas des Champs-Élysées, dans une aile de l’ancien hôtel particulier de la famille Hennessy, devenu, sous l’égide du groupe Ascott, une résidence hôtelière de luxe (« La Clef des Champs-Elysées »).
Le cadre sobre et contemporain avec quelques éclats asiates signé Jean-Philippe Nuel a du chic. Le service est déférent, souriant et attentif, même s’il semble se perdre parfois d’une table l’autre – la rançon du succès? – Et, sur une carte éclectique, raviolis en tout genre, soupes et entrées variées, poissons, dont l’anguille en folie, volailles ou légumes, cuissons vapeur plus le canard laqué à la pékinois de tradition jouent les stars que complètent des propositions d’apparence plus anodine. Bien que rien ne le soit ici vraiment.
On y retrouve là le sens du partage et du raffinement propre aux grandes tables de l’Empire du Milieu. On adore les « xiao long bao », exquis raviolis shanghaïens de porc cuits à la vapeur avec leur bouillon fin, l’une des « Rolls » du genre débordent de saveurs. Les « chang fen », fines crêpes de riz croustillantes aux crevettes, rivalisent de délicatesse avec les splendides hakaos aux crevettes.
Les raviolis frits de Shanghai au poulet et à la ciboule chinoise apportent leur note plus rustique, tandis que l’épatant pressé d’oreilles et de langues de cochon marinées rappelle que la cuisine chinoise sait magnifier les morceaux les plus inattendus.
On se régale encore de la poitrine de porc croustillante qu’on relève plaisamment de moutarde, des nems aux légumes impeccables, avant un superbe bar entier à la vapeur, découpé devant vous, parfumé à la cébette, au gingembre et à la sauce soja. En guise de finale digeste, la crème de mangue au pomelo et aux perles de sagou (le tapioca chinois) apporte une touche de fraîcheur et de légèreté fort bienvenue.
Côté cave, le gewurztraminer sec Lutzeltal 2024 d’Agathe Bursin, à Westhalten, accompagne idéalement les saveurs épicées et iodées, avec ses notes de rose, de litchi et de miel, tandis que la bière Tsingtao joue sa fraiche partition dessoiffante – celle d’une bière de type « pils » – avec simplicité.
Une adresse raffinée, fidèle aux traditions, qui confirme que la haute cuisine chinoise a trouvé à Paris son ambassade la plus prestigieuse. Et l’on se souvient que nous l’avions déjà remarquée bien avant son étoile, tant ses raffinements avaient su nous séduire.
Imperial Treasure
44, rue de Bassano
Paris 8e
Tél. 01 58 56 29 13
Menus : 86 € (déjeuner), 175 €
Carte : 120 €
Fermeture hebdo. : lundi
Métro(s) proche(s) : George V, Iéna, Charles-de-Gaulle-Étoile
Site : www.imperialtreasure.com/france















