Paris 18e : l’Amic des bonnes choses
L’Amic : l’amitié en occitan. Ici, l’amitié n’est pas un concept marketing mais une réalité palpable, une chaleur qui se ressent dès le seuil franchi. Ivan Koutchoumov, que l’on connaît pour L’Hydropathe sis rue Caulaincourt, laisse la bride sur le cou à Pierre Berthier, alsacien d’Obernai passé par Les Botanistes et le Café des Sports à Strasbourg, pour donner vie à cette maison de bouche vivante et sincère. En cuisine, Gabriel Urgese, milanais aux racines mêlées entre les Pouilles et la Normandie, apporte une sensibilité précise, nourrie notamment par son passage dans un restaurant végétarien étoilé à Berne. Le trio fonctionne à merveille dans un cadre brut de décoffrage.
À midi, le menu est une aubaine, une partition bien pensée où chaque assiette joue juste sans jamais surjouer. La salade romaine, relevée de parmesan, de pomme et de graines, ouvre le bal avec fraîcheur et relief. La porchetta, escortée de pickles, assume une gourmandise franche, équilibrée par l’acidité maîtrisée. Les gnocchi, nappés de beurre à la sauge et ponctués de noisettes, séduisent par leur texture et leur simplicité apparente, qui cache une vraie maîtrise.
Le lieu jaune, accompagné de poireaux et d’une sauce vierge, offre une parenthèse iodée délicate et précise. Il y aussi la saucisse purée pour le côté terroir et la « cotoletta » avec ses « brocoletti »pour compléter la touche italienne. Les douceurs qui ne sont pas en reste, entre le gâteau au chocolat, généreux et régressif, relevé d’une crème fouettée à la vanille, et la poire pochée, crumble et glace vanille, qui conclut sur une note plus légère mais tout aussi aboutie.
Côté verres, la maison joue la carte d’un festival ludique, à l’image de son esprit. Le pinot blanc de Julien Meyer à Nothalten séduit par sa vivacité, tandis que Les Nouettes, assemblage de pinot d’Aunis et de grolleau signé J-C Gauthier, apporte une touche canaille bienvenue. Le gamay de Nicolas Jacob, en provenance du Jura via Zancey Winery, confirme cette volonté de sortir des sentiers battus. Et pour finir, une « bulle libre » à la base de pinot meunier en champagne vient ponctuer l’ensemble avec panache.
L’Amic est de ces lieux où l’on revient autant pour ce qu’il y a dans l’assiette que pour ce qu’il se passe autour de la table. Une adresse de copains, au sens le plus noble du terme, où l’on mange bien, où l’on boit joyeusement, et où l’on se sent simplement à sa place. Rapport qualité-prix imbattable au déjeuner avec un menu à 22 €.













