Paris 11e : les charmes « anti-gaspi » d’Eloi Spinnler
Il est le roi de l’antigaspi, trône sur Your Tube, se moque de lui-même sur insta, en se montrant avec son harnais en cuir portant ses ustensiles de cuisine a fréquenté de grandes maisons (le Plaza Athénée, la Tour d’Argent, le Dorchester) a créé son univers, défend ses valeurs, notamment l’antigaspi, l’éco-responsabilité, la bienveillance en cuisine et son groupe au joli nom (« bon aloi »).
Il vogue entre ses trois maisons qui portent des noms tirés des 7 péchés capitaux – « Envie », côté banquet, « Colère » sur un thème baroque, « Orgueil », ce bistrot en deux temps de la rue Popincourt non loin de la place Léon Blum et de la rue de la Roquette où on découvre sa manière agile, comme son équipe au taquet, même si le maestro est absent de la demeure présente pour cause de « suractivité ».
L’accueil est vite complice, le service charmeur, le cadre cosy, avec ses airs de rade de quartier, mais un brin chic et soigné, ses beaux couverts en argent, ses serviettes en tissu. son grand comptoir en bois crénelé, ses formules sympathiques et à tiroirs du midi où les plats se proposent comme dans un jeu de cartes.
Le pâté en croûte du jour comme les alléchantes « croquetas de cochon du Tarn avec sésame et cream cheese » figurent, hélas, aux abonnés absents , mais la terrine de campagne (cochon, noix et huile d’olive) est là et bien là, même si elle est un peu dure et, surtout, pas mal sèche.
On se rattrape, sans mauvais jeu de mot, avec la seiche issue de la pêche du jour, avec sa sauce aigre-douce, posée son écrasée de pommes de terre à la fourchette ou encore la belle volaille du Perche (venue de chez Terroirs d’Avenir) caramélisée avec son risotto crémeux aux champignons, ses chips de fenouil et sa patate douce snackée. La carte des vins a du répondant dans tous les vignobles.
Et on boit là-dessus, au verre, le joyeux Bardolino rouge La Sagara de la villa Annaberta, avant d’achever sur une jolie tarte au chocolat flanquée de glace miso (si crémeuse cette dernière qu’elle s’apparente à une crème – mais pourquoi pas ? -). A noter que les formules s’allongent et s’enrichissent le soir avec de petites assiettes à partager ou un pithivers de pigeon qui fait envie. Et que des menus dégustations sont proposés aux fans du bon Eloi en « speakeasy », dans une salle voilée du reste de la demeure, mais qui a vue sur la cuisine. Avis aux amateurs !
Orgueil
6 Rue Popincourt
Paris 11e
Tél. : 01 83 97 34 80
Fermerture hebdo. : aucune.
Menus : 22 (dej., formule), 27 (dej.) €
Carte : 55 €.
Métro : Voltaire.
Site : bonaloi.com/fr/orgueil














