Paris 9e : l’Italie charmeuse de Scarpetta
Il se passe quelque chose de savoureux et de neuf rue Rochechouart. Trois joyeux drilles originaires de Corse-du-Sud, Philippe Bernardini, Ennio Giraschi et Victor Lambert, viennent d’y créer l’événement italien du moment avec Scarpetta, juste à côté de leur déjà très courue pizzeria Faggio. Après être passés par de belles maisons comme Noto ou le mythique Epicure au Bristol Paris, les voilà qui créent une belle table italienne qui a déjà tout d’une adresse culte.
Le lieu qui semble avoir toujours été là, mais a pris la place d’une ancienne épicerie, joue la trattoria joyeuse et vivante, comme on en croise à Florence ou à Venise, avec cette atmosphère simple et chaleureuse où l’on vient pour bien manger, bien boire et refaire le monde. Preuve que la maison fait déjà parler d’elle : le grand Giuliano Sperandio du légendaire Taillevent est venu y déjeuner en famille. Un signe qui ne trompe pas.
La carte déroule avec gourmandise les classiques transalpins, revisités avec précision et un vrai respect du produit. La tartelette aux morilles, topinambours et radicchio donne le ton : terrienne, délicate, pleine de relief. Le vitello tonnato arrive dans une version nette et savoureuse, avec cette onctuosité iodée qui appelle déjà le verre suivant.
Les pâtes, évidemment, tiennent la vedette. Les bigoli (sorte de liguinne toscans épais) all’anatra pinoli (au canard et pignons, en français dans le texte), nappés d’un ragoût de canard aux tomates et pignons, ont ce goût profond et rustique qui rappelle les grandes tables familiales italiennes. Les agnolotti ricotta, aglio selvatico e asparagi (comprendre : ail sauvage et asperges) jouent une partition plus printanière, avec une farce délicate relevée par l’ail sauvage et la fraîcheur des asperges.
Mention aussi pour les malicieux calamarata al camarari (les pâtes en forme de calamars proposés avec des calamars taillés en lanières sur le dessus), relevés d’un « pangrattato » (chapelure comme un « pain gratté ») aux olives, qui apporte texture et caractère. Bref du sérieux à la fois délicieux et amusants tout pleins!
On achève comme il se doit avec un tiramisu généreux et crémeux ou encore un affogato parfaitement exécuté, simple et irrésistible. Côté verres, la sélection reste fidèle à l’esprit de la maison : précise, italienne, sans chichis. On se régale avec un noble rouge toscan de chez La Massa à Greve-in-Chantia et un rubicond valpolicella signé Zenato. Et on embraye avec un pineau des Charentes signé du maestro Guy Lhéraud, as du cognac, qui cadre bien avec les desserts et qui, servi à la pipette, fait un bien joli final.
Bref, voilà une « vraie » trattoria parisienne comme on les aime avec ses tables en bois, ses belles serviettes, ses murs de pierre et même quelques places au comptoir vers la rue – vivante, savoureuse et déjà très fréquentée. Chez Scarpetta, on vient, on rit, on mange, on se régale, on boit… et (en se souvenant de la définition gourmande de l »enseigne : « ramasser la sauce restant dans une assiette ») on fait la « scarpetta » jusqu’à la dernière goutte de bon jus.
Scarpetta
72 Rue Marguerite de Rochechouart
Paris 9e
Tél. : 06 45 89 30 22
Fermeture hebdo. : lundi midi, mardi, mercredi, jeudi midi, vend. midi.
Carte : 55-75 €.
Métros (proches) : Anvers, Barbes-Rochechouart.
Site : www.scarpetta-paris.fr















