Paris 8e : la démesure façon club de Christophe Leroy

Article du 29 mars 2026

Christophe Leroy © GP

Dans cet ancien “Pleine Terre” signé Jimmy Desrivières, à deux pas des Champs-Elysées et du Triangle d’Or, Christophe Leroy installe son « Monsieur Bassano Club », jouant, en cave, avec sa collection de photos souvenirs en noir et blanc des années 1980/90 et notamment des « nuits blanches » de Saint-Tropez, de Johnny Hallyday à Eddie Barclay, la partition d’un festin sans retenue, en miroir de son « Monsieur Bassano Bistrot » sis juste en face, et l’on comprend vite que l’adresse ne cultive ni la mesure, ni la demi-teinte, mais bien la générosité assumée, la profusion joyeuse, l’abondance comme un art de vivre.

Caviar à la royale © GP

Le repas s’ouvre comme une célébration, presque une parade, où chaque plat semble vouloir surpasser le précédent. Le caviar à la royale, la cuiller des précieux à goûter sur la main, impose d’emblée le ton, riche, enveloppant, suivi d’une bisque de langouste épicée qui déborde de saveurs, concentrée et opulente. Les asperges, relevées d’une vinaigrette aux câpres et pignons, apportent une respiration végétale, vite rattrapée par une tomate burrata épicée, généreuse, coulante, sans retenue.

Asperges et pignons © GP

Puis viennent les morilles en cassolette, profondes, terriennes, presque sensuelles, avant  les saint-jacques normandes bien dorées dans leur coquille, flanquées d’un exquis riz grillé aux petits pois. Puis un délicieux homard à la coque passé au barbecue, escorté de petits pois, alliance de rusticité gourmande et de luxe sage.

Homard aux petits pois © GP

La côte de bœuf Black Angus, saisie à la braise, arrive massive, spectaculaire, escortée d’un gâteau de pommes de terre, céleri et truffe qui joue la carte du confort ultime, celui qui rassure et impressionne à la fois. Les petits farcis provençaux, clin d’œil à Brigitte Bardot qui raffolait des légumes, prolongent cette impression de table familiale idéalisée, mais portée ici à un niveau d’opulence rare.

Petits farcis BB © GP

On n’oublie pas les fromages (camembert bien affiné, bon sang normand ne saurait mentir, coeur de Neufchâtel, brie truffé…) en direct du marché du boulevard du président Wilson tout voisin. Et les douceurs ne font pas retomber la fête, bien au contraire. Les crêpes Suzette flambent encore dans l’imaginaire, avant que les pâtisseries de Cyril Lignac (gâteau fondant au chocolat, baba au rhum, qu’on arrose de rhum brun Saint-James, paris-brest, fraisier…) n’apportent la touche finale, sucrée, brillante, presque théâtrale, en tout cas gourmande.

Côte de boeuf Angus © GP

Dans les verres, même logique de plaisir sans restriction. Le Champagne Duval-Leroy “Fleur de Champagne” ouvre le bal avec élégance, relayé par un Chassagne-Montrachet “Les Engenières” d’Étienne Sauzet, ample et racé, un pinot blanc de chez Bleger en Alsace, pour le côté gouleyant, puis un Chinon “Les Grézeaux” de Bernard Baudry, droit et profond, avant un Morgon de Jean-Paul Brun aux Terres Dorées, fruité, gourmand, vibrant.

Plateau de fromages © GP

Ici, tout est dans le trop, mais un « trop » bien maîtrisé, pensé comme une fête permanente. Une table où l’on ne vient pas chercher la mesure, mais l’excès heureux, la générosité sans filtre, cette surabondance presque jubilatoire qui transforme le repas en souvenir. Un bonus : la maison sert en continu, tous les jours, de 11h30 à 2h du matin.

Service de la crêpe Suzette © GP

Monsieur Bassano Club

15 rue de Bassano
Paris 16e
Tél. 01 42 89 98 43
Menus : 46, 88 €
Carte : 60, 110, 180 €
Horaires : 11h30-2h du matin.
Fermeture hebdo. : aucune
Métro(s) proche(s) : Iéna
Site: www.restaurant-pleineterre.com

 

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Publié le  29 mars 2026 par

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