Paris 7e : un bistrot de quartier comme à Paris et Savanah
C’est un bistrot d’angle neuf et bruyant, dans le quartier des éditeurs (Gallimard est à deux pas) qui se nomma jadis l’Espérance. Le lieu, qui a changé de nom et de nature, porte toujours l’étiquette de « bistrot de quartier », mais se dote désormais d’une tonalité US. Aux commandes du lieu, la cheffe Mashama Bailey, star de la cuisine afro-américaine du Sud à Savannah (Géorgie, sur la côte Est de l’Atlantique) à l’enseigne de Grey, une ancienne station de bus (d’où « l’Arrêt » en français), bâtie à l’époque de la ségrégation, et son associé Johno Morisano.
Le cadre est simple, frais, avec son long bar d’entrée, ses tables sans nappes, ses murs ornés de miroirs ou de photos d’artistes (James Baldwin, Serge Gainsbourg qui résida non loin rue de Verneuil). Et la cuisine, malicieusement bistrotière, séduit. Les « Deviled eggs » (ou oeufs à la diable) font une exquise version des œufs mayo, haddock fumé et œufs de poisson, la « Winter salad » fait un délicieux clin d’oeil à la salade Cesar avec laitue d’hiver, vinaigrette aux anchois et parmesan.
On aime aussi le « Southern chicken schnitzel », genre escalope viennoise de. volaille, flanquée d’une purée de pommes de terre, ou encore l’exquis « Salsa Macha Duck », magret fumé avec labneh moutardé et « radicchio » (la chicorée de Trévise), exquis plat version chaud-froid, joliment condimenté.
Les prix sont raisonnables, la formule du déjeuner à 25 € fait un tabac justifié (il y avait aujourd’hui un chou farci de légumes) Burgers ou sandwiches à la new-yorkaise avec bacon, oeufs et cheddar, figurent au rendez-vous pour des dînettes façon snack express. Les desserts (« pecan pie » avec pâte sablée, noix de pécan et praliné ou crème au chocolat avec chantilly maison) sont de fringantes réussites.
Le soir, la carte s’enrichit, l’addition s’élève aussi. De jolis vins fruités, comme le brouilly « crêt des Garanches », préférences d’Olivier, de Sylvie Dufaitre-Genin en 2024 permet de garder l’addition à une hauteur raisonnable. Voilà une vraie bonne surprise, à la fois bistrotière et exotique. Joli service, faisant face au succès, et mené en rythme avec le sourire par la vibrante Nassera Petitjean, qui pratiqua jadis la danse à Bruxelles.`
L’Arrêt by The Grey
36 Rue de l’Université
Paris 7e
Tél. : 09 84 00 09 08
Fermeture hebdo. : dim.
Menus :; 25 (formule, déj.), 33 (déj.) €.
Carte: 30-40 (déj.)- 50-70 (dîn.) €.
Métro proche : Bac
Site : www.larretparis.fr















A réajuster d’urgence !
Accueil et service souriant et cadre agréable, mais…
Service, pourtant nombreux, totalement désorganisé dans une salle remplie aux deux tiers, délais d’attente en provenance du bar comme de la cuisine interminable, oublis à répétition.
Et côté cuisine, un accumulation d’approximations : oeufs mayonnaise trop cuits (on est très loin du jaune gras-cuit), salade type césar tantôt bien assaisonnée, tantôt pas (dommage, le « dressing » aux anchois est excellent), le sériole cru, légumes racines et bouillon tiède manquant totalement de relief.
Le quartier est exigeant, il faut se ressaisir vite.