Paris 11e : le p’tit bonheur de Pradel
Un lieu de charme et d’angle avec ses mosaïques au sol, son grand comptoir en bois, ses banquettes de moleskine sur bois, ses chaises tapissées de velours rouge et vert : c’est le nouveau rade de Vincent Meillon, briscard gersois natif d’Eauze, que l’on connut jadis au Clou avenue Trudaine, au Suds rue de Charonne et au Tarmac près de la Gare de Lyon mais aussi également aux manettes du Loui’s Corner (dans le 10e), du Bistrot Rougemont, dans le 9e, comme Lou Cantou et de Chez Delphine.
Avec son artiste compagne Samia, qui a bichonné une jolie fresque façon mosaïque pop, près de la cuisine ouverte, ce gourmand voyageur qui a gardé le bel accent chantant du pays de d’Artagnan a repris avec entrain ce bistrot qui cousina avec celui de Coco de Pradel rue Ordener dans le 18e. Ici, les Meillon ont fait chic et popu, près de ce Chemin Vert qui serpentait jadis près de la Bastille … comme dans « Paris ma Rose », le poème d’Henri Gougaud, mis en musique par José Cana et magistralement interprété par Serge Reggiani.
Nous sommes là au croisement des rues Amelot, riche en belles tables de toutes sortes, et du Pasteur Wagner, plus courte et plus discrète. Et si le lieu a du charme, la cuisine n’en manque pas. Ainsi le saint-marcellin rôti avec son mesclun, miel et noix, ses hareng pommes à l’huile avec carottes craquantes, les supions à la plancha, aux salicornes sautées ou encore les escargots de Bourgognes persillés.
Côté mets de résistance, on hésite entre le tartare de boeuf charolais au couteau, le rognon de veau de lait avec sa sauce à la moutarde à l’ancienne, l’entrecôte de cochon Duroc mariné à la bière , le suprême de poulet jaune avec sa sauce forestière, crème et champignons, ses haricots verts en persillade ou encore l’exquis onglet de bœuf à l’échalote et son riche gratin dauphinois .
Un petit bémol pour le clafoutis aux prunes un peu pâteux et pataud, mais un satisfecit au baba qu’on arrose de son sirop au rhum. Et un petit bravo au choix de vins malicieux dont l’exquis « bout d’zan » 2023 (syrah/grenache) du Mas de Libian en Ardèche côté côtes du Rhône, qui coule en bouche comme du velours.













