Légitime violence de Marc Dugain
L’affaire des poisons, la marquise de Brinvilliers, son père prévôt de Paris, son amant Sainte-Croix, son mari (très) complaisant, le receveur du clergé, un précepteur joli garçon et un tantinet espion, une amie/amante, Madame de Warnens (et non Mme de Warens comme chez J-J Rousseau) … on oublie au passage deux frères monstrueux, un épisode à la Bastille et la police du roi qui veille : et voilà Marc Dugain prenant des libertés avec l’histoire, quoique pas tant que ça, qui compose un ouvrage habile, drôle, mi roman policier, mi fresque historique où les moeurs du temps, les guerres de religion, l’ambition, la soif de l’argent, l’obsession de la transmission, le sexe en liberté composent un piquant mariage. A l’aise avec Poutine (voir son récent « L’avion, Poutine, l’Amérique et … moi« ) ou la CIA (« la malédiction d’Edgar »), Marc Dugain, dont on connaît l’habileté, prouve qu’il sait manier les us et coutumes les plus pernicieux du règne de Louis XIV. C’est drôle, vif, pertinent et constamment haletant.
Légitime violence de Marc Dugain (Albin Michel – le Cherche Midi, 247 pages, 21,90 €).








