Marc Dugain, l’avion, Poutine, l’Amérique et lui

Article du 19 décembre 2024

Le héros de Marc Dugain lui ressemble beaucoup : il est né en France, a été élevé près de Grenoble, a travaillé dans la finance, a dirigé une compagnie d’aviation, est devenu écrivain, devenant célèbre en rendant hommage à sa grand-mère en évoquant les gueules cassées de la Grande Guerre (voir « la Chambre des Officiers »), s’intéressant ensuite au naufrage tragique du sous-marin russe Koursk (cf « Une exécution ordinaire »). Mais son dernier livre est bien un roman. Le personnage central du livre fait fortune en Amérique, entre banque et aviation, avant de partir pour Genève où, piloté de loin, par la belle Julia, énigmatique et charismatique collègue de travail, il poursuit ses activités entre finance et aviation, opérant notamment dans la Russie qui, se débarrassant du communisme, s’apprête à privatiser ses vastes entreprises. Mais on en a déjà trop dit. Marc Dugain, à qui on doit une brillante contre-biographie d’Edgar Hoover, « la Malédiction d’Edgar », évoque les circonvolutions de son héros pour échapper aux griffes de la CIA tout en se défiant du FSB de Poutine, malgré son « tropisme russe« . Roman d’une époque, courant sur quatre décennies, des années 1980 à nos jours, flirtant à la fois avec le thriller, le roman autobiographique, le récit d’espionnage et l’ouvrage historique, ce livre est une pièce rare à ne pas laisser filer.

L’avion, Poutine, l’Amérique et moi, de Marc Dugain (Albin Michel, 347 pages, 22,90 €).

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Publié le  19 décembre 2024 par

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