Strasbourg : les nouveaux « plaisirs gourmands » de Guillaume Scheer

Article du 13 août 2025

Charlotte et Guillaume Scheer © GP

Les plaisirs gourmands : la nouvelle maison, dans l’ancien Ysehut strasbourgeois, de Guillaume et Charlotte Scheer, anciens tous deux de l’Etrier à Deauville, lui de Ledoyen avec Christian le Squer, mais aussi du Flamme & co puis du 1741 avec Olivier Nasti, elle du George V époque Briffard, au cœur du Strasbourg bourgeois, sur le quai Mullhenheim. On les a connus à la même enseigne à Schiltigheim, où leur ex maison a été transformée en bistrot. Ici, ils prennent leur envol avec aisance et délicatesse.

Tartare de tomate © GP

La maison a du charme avec ses salles feutrées et désormais lumineuses, leur plafond poutré près des bords de l’Ill. Le personnel de salle sourit, le service est amical et complice et les conseils vineux d’Emmanuelle Thierset, qu’on a rencontré plusieurs fois dans la restauration strasbourgeoise avec des vins au verre pertinent. La cuisine, elle, semble avoir accompli un grand bond avant avec des produits au top et un imparable brio technique. Et, si les plats du moment, semblent délibérément tourner le dos au terroir, les bouchées apéritives y ramènent, avec leurs clins d’oeil à la tarte flambée et aux escargots.

Langoustine et sabayon piquillos © GP

Mais la saison commande et l’appel du sud et du grand Ouest dominent ici et là. On raffolera en tout cas du superbe tartare de tomates avec sa crème mozzarella et son sorbet au piment jalapeño, comme du bar en ceviche au leche de tigre ou encore, du morceau du bravoure du moment, l’extraordinaire langoustine rôtie dans son coffre avec sa fine niçoise et son formidable sabayon aux piquillos dont on reprend sans trêve avant de la déguster à la cuiller.

Saint-pierre et jus de barigoule © GP

La truite fumée aux petits pois, radis et menthe est un clin d’oeil vosgien bienvenu. Le saint pierre juste raidi, avec artichaut et jus de barigoule, témoigne d’une cuisson parfaite et d’un sens de l’assaisonnement au petit point. Un coup de chapeau encore au homard accordé au fenouil confit relevé d’une bisque corsée et flanqué des « barbajuans » les raviolis frits monégasques farcis de homard.

Homard et fenouil confit © GP

On épilogue encore sur le filet de bœuf Charolais, avec pommes soufflées, petits pois et jus à la ciboulette. Mais le pigeonneau de nid de Théo Kieffer, avec ses samossas de cuisses, aubergines et jus aux épices sont également tentateurs. Là-dessus, on aura goûté le riche pinot gris Eichberg grand cru 2020 de Paul Gaschy à Eguisheim, le suave riesling Altenberg grand cru de Louis Freyburger à Bergheim 2016 ou encore le séducteur château Hosten-Picant en Sainte Foy Bordeaux 2017.

Filet de boeuf et pommes soufflées © GP

En gardant de la place pour les desserts légers comme une plume : crème brûlée à la lavande et glace à l’amaretto, composition autour de la fraise, avec mousse vanille et sorbet fraise basilic, ou, encore, côté mignardises, chou aux myrtilles et guimauve passion. De Schiltigheim au quai Mullenheim voilà un transfert réussi. Mieux même : voilà une maison qui se remet brillamment dans la course aux étoiles.

Fraise, mousse vanille © GP

Les Plaisirs Gourmands

21 Quai Mullenheim
67000 Strasbourg
Tél. : 03 88 83 55 55
Menus : 54 (dej.), 120, 145 €
Fermeture : dim., lundi, mardi.

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Publié le  13 août 2025 par

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