Le Restaurant du Couvent
« Nice : Thomas Vételé, le mage du Couvent »
Un lieu magique, ce couvent niçois devenu hôtel de luxe : on l’a dit. Mais qui dit « magique », pour une auberge de haute tenue, dit mage et magicien gourmand. Celui-ci se nomme Thomas Vetelé, est né à Saint-Malo il y a quarante ans, a bourlingué dans la grand hôtellerie de luxe.. Disciple du MOF Christophe Raoux au Café de la Paix et au Peninsula, qui a également travaillé avec Philippe Labbé au Shangri-La et Christophe Bacquié au Castellet, avant de prendre en main les cuisines du Montreux Palace, à fleur de Léman, joue ici le locavore avec minutie en utilisant notamment les légumes, les œufs et les volailles de la ferme maison Notre-Dame à Touet-sur-Var.
Le style maison ? La simplicité royale sans austérité … Ainsi les splendides raviolis de champignons au bouillon de cochon et bourgeons de sapin, la fine galette de socca qui est une merveille du genre, les seiches en salade, l’asperge verte dans sa croquante pureté, l’artichaut cru et sandre fumé ou encore la printanière tarte aux petits pois.
Les plats oscillent le ménager chic et les idées provençalo-méditerranéo-italiennes de qualité, avec les capellini à la sauge, les asperges blanches au sarrasin, la fine truite du Cians, si savoureuse, à peine cuite, si fondante, avec ses légumes printaniers, la volaille « Terre de Toine » et safran avec sa farce fine, ses asperges vertes ou encore le splendide pithiviers de betteraves à la brousse de brebis.
On raffole encore des douceurs du pâtissier expert Florian Gaglio, ancien du Strato de Courchevel, du Maybourne Riviera et de Terre Blanche, qui excelle dans le classique remis à jour avec légèreté, comme le riz au lait au caramel d’orange, la tarte aux fraises avec sa pâte sucrée extra fine, le moelleux citron givré (c’est rare!) ou encore la tarte soufflée au chocolat.
Un bémol dans ce concert de louanges ? La carte des vins dédiée presque exclusivement aux vins nature avec un chapitre important aux vins oranges – dont nous n’avons jamais vraiment compris l’intérêt… Mais il en faut pour tous les goûts. Le sommelier maison vous orientera au verre vers le rigolo blanc « Cante Gau » du domaine de la Realtière, le palichon du rosé du Couvent domaine Fond Cyprès et le plus sérieux bellet rouge du domaine de la Vinceline. Mais, en cherchant, on dénichera de bien beaux flacons, il est vrai délivrés au prix fort, comme le marsannay de Sylvain Pataille (à plus de 200 € le millésime récent!).
Mais nul ne vous empêchera de boire de l’eau dans ce magnifique hôtel du couvent qui donne à Nice son restaurant chic et surprise, caché sous ses arcades comme dans ses belles salles conventuelles, où l’on découvre avec plaisir le discret et si talentueux Thomas Vételé qui cueille fruits, viandes et légumes aux abords, dans la ferme Notre-Dame de Touët-sur-Var. Et l’on se dit que le Michelin serait bien inspiré de poser là son étoile verte…
















les vins oranges…
sans doute et déjà, une question de vocabulaire!
macération pelliculaire conviendrait mieux, à défaut de l’inégalable « skin contact » de nos amis anglophones
pour le reste, on fait pour les vins oranges du blanc comme on fait du rouge, en laissant le jus au contact des peaux du raisin
c’est vrai dans le fond, en ces temps de chasse au gaspillage, pourquoi laisserait-on dans la peau des raisins blancs ce que l’on va chercher dans celle des rouges?
ensuite, tout est possible, élevage long ou court, bois ou cuve, souffre ou non (si bien qu’un vin orange n’est pas nécessairement un vin « nature »), etc.
il s’en fait depuis le nuit des temps, avec quelques régions de prédilection; la géorgie, le frioul en particulier
à la faveur de notre curiosité insatiable de sapiens enthousiaste; et pour vous être agréable, à l’opportunité un poil marketing d’injecter du nouveau sur les cartes de vin, breuvage, faut-il le rappeler, qui se boit de moins en moins, de nombreux vignerons tentent l’expérience et s’essayent à cette renaissance!
ce qui semble quand même constituer essentiellement une bonne nouvelle…
que l’on peut parfaitement décider d’ignorer si d’autres nectars sont préférés!