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FOG et la « Belle Epoque »

Article du 26 octobre 2022

Vous avez aimé le premier tome de cette « Histoire intime de la Ve République » consacrée aux années De Gaulle ? Vous allez adorer le second, qui évoque les septennats de Georges Pompidou et de VGE, le combat et la percée de François Mitterrand, les tourments de Pierre Mauroy, les aléas de Michel Rocard, le regard acéré de Jacques Chirac : drôle, intime, ultra-informé, bardé de révélations en tout genre, truffé de détails intimes, c’est de l’Histoire avec un grand H, mais beaucoup de bruits de coulisses, voire de murmures d’alcôve, ne négligeant jamais les détails « entre les lignes ». Franz-Olivier Giebert, qui a tout lu, tout vu, tout noté, ayant rencontré chacun des protagonistes, fut le « nègre » de PMF (décrit en vieilles chouette insomniaque et dont il dit pis que pendre), assassine Sartre (qui s’est trompé sur tout, même avec panache) et taquine Sollers, mondain et volontiers truqueur, sans jamais cesser de reprocher à la gauche dans son ensemble, qu’il fréquenta au temps du Nouvel Obs, d’avoir cédé au charme équivoque  du président Mao. Cette remise au net de l’histoire tout court, qui ressemble fort à jeu de massacre (auquel échappent quelques figures controversées dont le président Reagan, dont FOG suit la campagne présidenitelle aux USA sans y croire, et qui s’en tire avec les honneurs) est aussi l’occasion de rendre justice à certains politiciens brillants et infatigables : Mitterrand, en qui FOG trouve un deuxième père, qui lui apprend à voyager léger et à prendre de la distance avec les choses tout en donnant du temps au temps, en est un des meilleurs exemple. Voilà, en tout cas, un sacré bon livre offrant un formidable plaisir de lecture. On attend la suite…

Histoire intime de la Ve république : la Belle Epoque, de Franz-Olivier Giesbert (Gallimard, 384 pages, 22 €).

A propos de cet article

Publié le  26 octobre 2022 par

FOG et la « Belle Epoque »” : 1 avis

  • Gilles Paché

    J’ai lu d’un trait! Brillant, dans un style flamboyant, un Français soutenu d’une élégance rare. On apprend beaucoup sur des noms qui ont bercé ma génération: Mitterrand, Pompidou, VGE, Chirac, Barre, et tant d’autres. Un petit faible pour les coups tordus dont Garaud et Juillet furent les instigateurs, avec Chaban Delmas comme victime majeure pour cause de « socialisme larvé » (ah, la « nouvelle société »). Bref, un délice à la lecture de ces moments clé de la 5ème République, sans doute lié à la nostalgie du lecteur de se replonger dans ses 20 ans. Petit (gros) bémol: quand la charge devient excessive (et c’est le cas pour beaucoup trop de portraits), elle perd de sa pertinence. Le fin lettré FOG devrait se souvenir avec Talleyrand que « Tout ce qui est excessif est insignifiant »!

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