Retour rue Krochmalna d’Isaac Bashevis Singer
Le petit monde de la rue Kochmalna … les lecteurs de Singer connaissent bien cette artère qui n’est pas la mieux famée de Varsovie. C’est là que reviennent Max et Flora, après avoir fait fortune à Buenos-Aires, officiellement dans une usine de sacs. La réalité est moins reluisante. Lui, séducteur impénitent, elle, comédienne illettrée, sont en quête de chair fraîche, de nouvelles amours, d’aventures piquantes et pimentées. Ils retrouvent leurs amis Meir et Leah, membres de la pègre locale qui doivent les aider à renouveler leurs connaissances. Max tombera sous le charme de la jeune et jolie Rashka, s’enfuira, reviendra, sans omettre de tomber sous la coupe d’une bande d’anarchistes qui veulent cambrioler une banque… Noir, mais mâtiné, ce portrait de Varsovie 1900 sous règne russe, publié en feuilleton dans le Forverts, journal yiddish de New York en 1972, n’est jamais paru en volume. Mais cet inédit précieux qui semble nous emmener du côté de Woody Allen est d’une drôlerie constante, même involontaire, mixant humour sardonique et franc pessimiste. Ce Max, qui passe son temps à tripoter son revolver pour tuer X, Y ou lui-même, mais sans jamais passer à l’acte, perpétuel insatisfait, amoureux sans cesse malheureux, est un personnage qu’on n’oubliera pas, rejoignant les grandes figures de la comédie humaine yiddish imaginée avec science et emphase par le prix Nobel de littérature 1978.
Retour rue Krochmalna d’Isaac Bashevis Singer, traduit de l’anglais par Marie-Pierre Bay et Nicolas Castelnau-Bay (Stock, 302 pages, 21,50 €)









