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Luxembourg : le meilleur « italien » du monde ?

Article du 4 juillet 2026

Ilario et Simonetta Mosconi © GP

Ils tiennent, on le sait, « la » grande table italienne hors d’Italie et valent, à eux seuls, le voyage à Luxembourg. Ilario et Simonetta Mosconi règnent depuis plus de trente ans sur leur élégante demeure du Grund, au pied de la Pétrusse, dans ce quartier historique aux allures de village. On y vient pour l’accueil chaleureux, le raffinement tranquille du lieu et cette manière très personnelle de célébrer l’Italie avec panache. Le décorum maison, bien sûr, a du chic, avec sa mise de table hors norme, sa belle verrerie, ses nappes en lin. Mais la cuisine suit et la précède !

Amuse-bouche © GP

Le Michelin a souvent joué au yo-yo avec cette maison unique – lui accordant une étoile (depuis 1997, à l’époque de Domus, à Esch-sur-Alzette), puis une seconde en 2007 jusque 2014, avant de la remettre en 2017 puis de l’enlever à nouveau deux ans plus tard. Incompréhensible? Peu importe. Dans nos cœurs, le festival vaut trois étoiles. Car rares sont les tables capables de décliner les saveurs de la Botte en général et celles des pâtes en particulier avec autant de grâce, d’intelligence de justesse et de gourmandise. Vivent les Mosconi !

Variation sur la tomate © GP

On rappelle, pour la petite histoire, qu’Ilario est originaire de Lombardie et Simonetta des Marches, mais qu’en voyageurs intrépides, ayant tout vu et tout étudié ailleurs, ils savent emprunter à toute l’Italie, de la Calabre au Piémont, en passant par la Toscane et la Sicile, le sens des saveurs justes, de ses inspirations maritimes ou végétales, légères et rustiques-chics, avec des produits cherchés en direct ici et là.

Spaghetti froids au caviar © GP

Le voyage – et c’en est un … si savoureux  – ? Il débute avec une kyrielle de mises en bouche qui résument, en deux temps, l’esprit de la maison : sandwich glacé au parmesan et citron confit, cannoncino garni de foie de volaille, crème de truffe blanche et câpre caramélisée, cracker beurre-anchois, exquise polpettina de cabillaud façon brandade présentée en tempura à la ricotta fumée et mayonnaise au basilic, coussin de pappa al pomodoro à la mozzarella et gel de basilic, brioche aux champignons et parmesan, grissino au lard de Colonnata. Que du bonheur !

Linguine aux sardines © GP

Puis vient une variation autour de la tomate avec ricotta di bufala, petits pois et sorbet tomate, avant la toujours étonnante salade tiède de spaghetti au caviar, hommage au grand Gualtiero Marchesi, qui mis au point la recette, jadis, à Milan, comme un clin d’oeil à l’artiste futuriste Marinetti. Les linguine aux sardines marinées et huile d’olive citronnée, qui poursuivent le festival de pâtes sur un mode maritime, sont, eux aussi, d’une séduction piquante. On se régale, ensuite, avec les suaves ravioli à la ricotta, pecorino et parmesan d’une délicatesse absolue.

Ravioli de ricotta, pecorino, parmesan © GP

Mais les fusilloni (les pâtes en forme de spirales, cuites, bien sûr, al dente) aux asperges, morilles, lard de Colonnata et vinaigrette à la truffe noire, d’une rusticité très étudiée, comme les cappelletti au ragoût de chevreau relevés d’une crème de menthe, si gourmands, et, enfin, les superbes spaghetti à la guitare à la tomate de Corbara et mozzarella di bufala qui rappellent que la simplicité est souvent la plus grande des élégances.

Cappelletti au chevreau et menthe © GP

On fait l’impasse sur le magnifique plateau de fromages qui rendent hommages à toutes les régions notamment aux belles pâtes de montagne. Et l’on se concentre sur les desserts qui se montrent aussi inventifs que savoureux : glace aux câpres, caviar et pistaches concassées, fraises aux olives confites, huile de vanille, roquette et glace basilic, avant un beau travail autour du chocolat, du crémeux et de la noisette du Piémont.

Fusillone, asperges, morilles © GP

Tandis que les mignardises prolongent le plaisir avec brio. Ainsi la tartelette chocolat-olive noire, le cannolo à la ricotta et pistache de Bronte, les bombolone à la crème pâtissière, la quenelle de tiramisu, le kiwi au poivre de Timut et chocolat aux noisettes du Piémont au sucre pétillant.

Glace câpres, caviar, pistaches © GP

Côté cave, le Negroni se décline avec ou sans alcool. Le grechetto Anima Umbra 2024 d’Arnaldo Caprai accompagne les entrées avec éclat, tandis que le Rosso Piceno Terra Fageto 2024 des Marches et la syrah Maharis 2022 du domaine sicilien Feudo Maccari escortent avec bonheur cette partition italienne de très haute volée.

Fraises, olives confites, huile de vanille © GP

Bref, et vous l’avez compris, voilà une adresse d’exception, intemporelle et généreuse, qui fait du Grund luxembourgeois une petite enclave de bonheur transalpin. Le meilleur italien du monde hors d’Italie ? Si vous en connaissez un autre on arrive …

Chocolat, crémeux de noisettes ©  GP

 

 

Mosconi

13 rue Münster
L-2160 Luxembourg-Grund
Tél. +352 54 69 94
Menus : 75 (déj.), 145, 195 €. Carte: 250 €.
Fermeture hebdo. :  dimanche soir, lundi et mardi midi.
www.mosconi.lu

A propos de cet article

Publié le  4 juillet 2026 par

Luxembourg : le meilleur « italien » du monde ?” : 1 avis

  • Ambre Durand

    le meilleur « italien » du monde ?…Lol…Gilles, décidément, quand il s’agit d’éxagérer, il n’y a pas deux comme toi… – Salutations, Ambre.

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