Montamisé/Poitiers : bienvenue chez les ch’tis marins du Poitou !
Il y a comme un parfum de mer du Nord qui souffle sur le Poitou. À Montamisé, à dix minutes au nord-est de Poitiers, Ludovic Dumont, enfant de Dunkerque, a créé avec sa famille une table singulière et terriblement dans l’air du temps. L’auberge a du chic sur sa place verdoyante. Le décor, lui, est contemporain, épuré, lumineux, presque nordique dans l’esprit, avec son bois clair et ses tables sans nappes. Et l’assiette regarde clairement vers le large, tout en gardant les pieds dans le végétal et le terroir.
Ici, la cuisine joue l’équilibre avec précision au gré de menus surprises. Les produits marins dominent, mais jamais sans dialoguer avec herbes, fleurs, légumes, fermentations ou notes acidulées. Une cuisine fine, technique, mais lisible. Le ton est donné avec le tourteau de Roscoff, mayonnaise fine et citron vert, escorté d’une légèreté de corail et d’un croustillant de sarrasin. Espiègle aussi, le beignet de champignons enoki, pâte de champignons fermentés et poutargue de bar, qui joue les contrastes terre-mer avec élégance. Quant à l’artichaut poivrade farci de bulots de Granville, relevé d’une sauce xo et de menthe poivrée, il affiche une personnalité franchement voyageuse.
Le carpaccio de thon germon fumé au bois d’amandier avec cerises, fèves, arroche maritime et sorbet feuille de figuier compose un tableau estival plein de fraîcheur. L’huître de l’étang de Thau en trois cuissons — vapeur, snackée puis grillée à la flamme — accompagnée d’un crémeux de maïs frais, d’oignon doux, beurre fermier et caviar d’algues, montre une vraie maîtrise des textures.
La lotte de petit bateau maturée trente jours, entourée d’une jardinière de légumes et fleurs, nappée d’un jus de têtes de langoustines et poudrée de laitue de mer, marque les esprits par sa profondeur iodée. Les desserts demeurent dans cette ligne fraîche et précise : citron et salicorne en variation marine et acidulée, fraises laquées au sureau dans un registre floral très délicat, avant une jolie séquence chocolatée façon “after eight” autour du grué et de la menthe.
La cave suit intelligemment le mouvement avec un montlouis-sur-loire du domaine de la Grange Tiphaine (“Les Épinays” 2023), un bourgogne rouge Chapuis & Chapuis 2024, tandis qu’une liqueur de citron signée Jean-Marc Roulot à Meursault conclut le voyage avec panache.
Voilà une table ambitieuse, sensible et très personnelle, qui apporte un vrai vent neuf à la gastronomie poitevine.
L’Ouvrière
5b Pl. de la Mairie,
86360 Montamisé
Tel. :09 77 37 61 38
Menus : 55 (dej en semaine), 75, 98 €
Fermeture hebdo. : lundi, mardi, mercredi midi, dimanche soir
Site internet : louvriere.restaurant














