Tel Aviv : Chacoli, l’Espagne marine à Tel Aviv
C’est la dernière table de bord de mer dont tout Tel Aviv parle. Posée face aux flots, dans une atmosphère chic sans raideur au bout du nouveau club de sports nautiques de la ville aux lignes contemporaine, cette adresse alerte joue la carte ibérique avec panache, en lorgnant vers la Galice, ce bout d’Espagne du nord-ouest où le poisson et les fruits de mer règnent en maîtres. Une inspiration marine que la cheffe Yarden Shay met en scène avec finesse et personnalité.
Cette cuisinière au parcours singulier, d’ascendance marocaine par sa mère et polonaise par son père, a d’abord étudié le théâtre à Jérusalem avant de bifurquer vers les fourneaux. Formée chez Sharon Cohen au Café Europa puis chez Eyal Shani à HaSalon, elle compose ici une partition précise, inventive, avec un art certain des assaisonnements et des contrastes.
Le résultat ? Un mixage fort réussi entre tradition espagnole revisitée et modernité tel-avivienne. Parmi les entrées qui donnent le ton : tartare de thon et tomate steak relevé d’une sauce épicée, citron et radis, crevettes sautées à l’ail, tempura de merlu au poivre et citron confit, sashimi de thon au praliné, lait, huile d’olive et citron. Plus simples en apparence, mais tout aussi percutantes, les tomates pelées à la vinaigrette de framboise, oignons verts et pistaches ou la salade de melon et fromage bulgare à la vinaigrette verte et amandes apportent leur fraîcheur tonique.
Huîtres, calmars et poissons de ligne tiennent le haut de l’affiche, à commencer par ce superbe bar entier à partager, escorté d’une sauce pilpil et d’un beurre d’escargots, aussi inattendu que convaincant, découpé à la table et qui se goûte aisément à trois. Très réussi également, le spaghettoni aux moules, poivre noir et piment d’Espelette, qui marie générosité, sens des épices et précision.
Les desserts se montrent un brin moins inspirés : gentillette tarte dite Santiago façon cake enrichi, avec sa crème anglaise aux airelles et amandes, mais aussi glace noisette manquant de peps et d’un brin de crémeux (on pense, en regard, à, celle, légendaire, de Cyril Lignac, au Chardenoux parisien,. En revanche, le cheesecake basque, franchement régressif, met tout le monde d’accord.
La carte des vins mérite qu’on s’y attarde, avec quelques jolies références ibériques. Outre le pétillant txakoli basque, made-in-Getaria, de Txomin Etzaniz qui donne son nom à la maison, on goûte avec plaisir un piquant verdejo de Rueda signé Bardos, vif, salin, parfaitement accordé à l’esprit marin du lieu.
Ajoutez à cela un service souriant et efficace, un bar vibrant, des tables panoramiques face à la Méditerranée, et vous comprendrez pourquoi Chacoli fait oublier des critiques.
Chacoli
Herbert Samuel 36, Tel Aviv
Tél. : 03-000-0000
Fermeture hebdo : sam. midi, dim. midi.
Carte : 75-120 €
Site : ontopo.com















