« Saint-Germain-des-Prés, variations » selon Olivier Barrot

Article du 9 mai 2026

Il y a des livres qui se lisent comme une promenade –   on pense au « Flâneur des deux Rives » d’Apollinaire. Celui d’Olivier Barrot, Saint Germain des Prés variations, appartient à cette catégorie rare. En 23 chapitres conçus comme autant d’histoires, l’auteur tisse une flânerie savante et intime dans ce quartier mythique qu’il connaît comme sa poche, entre réminiscences personnelles, portraits sensibles et évocations littéraires. Au fil des pages défilent des figures familières ou tutélaires, de Patrick Modiano à Judith Magre, sans oublier René de Obaldia. Barrot glisse avec une grâce nonchalante de la Rue Férou, où vécurent Françoise Sagan, Hippolyte Taine ou Jacques Prévert, jusqu’à la délicieuse Place de Furstenberg, ornée de ses fameux paulownias, petit théâtre immobile du vieux Paris lettré. Amoureux des noms propres, grand voyageur dans la lignée de Valery Larbaud ou de Paul Morand, hypermnésique forcené, anglomaniaque assumé, fou de cinéma d’après-guerre et nostalgique de tous les genres littéraires, Olivier Barrot a glissé ici tout ce qui le compose. Son érudition n’écrase jamais : elle sourit, murmure, invite. Ce petit livre a le charme discret des conversations d’autrefois, celles qui mêlent souvenirs, culture et élégance sans ostentation. Son seul tort ? Être trop bref. On le referme avec gourmandise, frustré qu’il s’achève déjà, avec l’envie immédiate de repartir à ses côtés dans les rues de Saint-Germain. Une variation, oui. Mais qui donne furieusement envie d’entendre tous les autres mouvements.

Saint-Germain-des-Prés, variations, d’Olivier Barrot (Gallimard, 118 pages, 14 €).

A propos de cet article

Publié le  9 mai 2026 par

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !