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On y retourne avec François Simon

Article du 13 mai 2025

Il est le plus insaisissable de nos critiques gastronomiques, le plus invisible façon mangeur masqué.  Nous l’avons connu il y a un demi-siècle à Gault-Millau, après ses débuts à Presse-Océan, l’avons retrouvé à Cuisine et Vins de France, dont il fut rédacteur en chef, suivi, de loin, lorsqu’au Figaro il fit trembler la planète food avec son « Haché Menu ». On n’oublie pas non plus ses balades dans Paris, la nuit, avec « Paris Dernière » pour « Paris-Première », avec caméra subjective et voix « off ».  En reprenant cette dernière formule, François Simon est devenu brillamment, en deux ans seulement, une star sur instagram, rassemblant plus de 360K followers, narrant de sa voix douce et chaleureuse ses expériences de bourlingueur au long cours, à Paris, Nantes, Venise, Tokyo, Bâle, Barcelone, Côme, Cracovie, Hambourg, Marrakech, Memphis, Montréal, Berlin ou Osaka. On en oublie, bien sûr. Ce natif de Saint-Nazaire, cette ville portuaire (il y est né en 1953) indique ainsi qu’il est d’abord un voyageur nostalgique cherchant la vérité des choses. Laquelle? On ne le sait pas toujours. Et lui non plus qui cite Julien Green (« j’écris un livre pour savoir ce qu’il y a dedans« ) et rassemble ses  chroniques, avec ses propres photos faites à l’Iphone, dans un ouvrage, à la fois drôle, habile, singulier, poétique et intrigant, qui s’intitule : « Y retournerai je? », reprenant son hashtag fétiche. Il s’y réclame ainsi de Balzac (« flâner est une science, c’est la gastronomie de l’œil »), Pessoa (« je n’évolue pas, je voyage« ), ou d’André Breton (« la vie est lente et l’homme ne sait guère la jouer« ). Il y livre d’exquis conseils de touriste nonchalant, de « radin chic », de gourmet studieux, se hasardant de gare en gare, sans négliger les TER, prônant les sandwiches faits maison, livrant la poésie cachée des aéroports ou des lobbys de grands hôtels, expliquant comme faire des économies intelligentes dans les tables en vogue, se moquant de la mode avec pertinence, dressant l’éloge gothique du lièvre à la royale et livrant ses adresses fétiches (comme le Bascou ou Ithurria, que nous aimons beaucoup), et celui, ménager de la blanquette de veau. C’est amusant tout plein, joliment fourre-tout, rédigé avec élégance et pratique, bien sûr, si l’on sait prendre son temps, en feuilletant ce joli volume cartonné qui nous offre, pour 26 €, une belle tranche de vie (s). Bref, notre François nous donne là son meilleur livre. Profitons en !

« Y retournerai je? », de François Simon (236 pages, 26 €).

A propos de cet article

Publié le  13 mai 2025 par

On y retourne avec François Simon” : 2 avis

  • sevenault

    26 euros pour Simon relèverait de la confusion mentale!.

  • TL

    De la même façon que ce journaliste a suggère de ne pas entrer dans tel restaurant, conseillons de ne pas acheter ce livre inutile, chacun son tour. Quand à cette gloire de  » masque « lorsque l’ on est si connu ,ceci dans un monde de chefs accueillant, franchement !

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