Gianni le magnifique de Stéphanie des Horts
De Stéphanie des Horts, on connaît les biographies romancées des grands de ce monde, Pamela Harriman, les soeurs Livanos, Jackie et Lee, les soeurs Bouvier, sans oublier Carolyn et John Kennedy. La dernière « victime » de l’insatiable Stéphanie : Gianni Agnelli, qu’elle connaît bien, et ses lecteurs avec elle, car l’ex PDG de Fiat a croisé la route – et même un peu plus – de Pamela et Jackie, déjà croquées par elle. C’est d’ailleurs Pamela qui ouvre le bal avec une gifle magistrale adressée au beau Gianni, et c’est Jackie qui figure en couverture avec le héros du livre. Pas son épouse, la si belle Marella, croquée pourtant par les plus grands photographes du monde dont l’iconique Richard Avedon. Manière de dire que tout ce petit monde qui constitue la « Jet Society » se retrouve, se croise, s’aime, se déteste, se ressemble et se rassemble jusqu’à la fin. L’histoire de Gianni Agnelli contée par Stéphanie des Horts est non pas celle d’un héros de l’industrie italienne – ce qu’il sera plus tard -, mais de son ascension vers celle-ci. Enfant d’une fratrie nombreuse, dont il n’est que le n°2 est, très vite, le préféré de ses parents et de son grand-père, qui l’élira comme héritier très jeune, trop jeune. Gianni ne sait pas encore s’il est digne de diriger l’empire Fiat, gamin gâté, enfant turbulent, jeune homme séduisant brûlant sa vie et celle des autres par les deux bouts. Dans un monde où alcool, stupéfiants, vitesse folle de bolides glorieux pourraient tuer plus d’un héros, il s’en tire toujours avec les honneurs. Amoureux d’une seule femme – sa mère, belle, éthérée, foldingue, comme sa grand-mère dite princesse Jane qu’on imagine en lady anglaise perdue dans les brumes du Piémont -, il court vers sa gloire en s’attachant les unes et les autres, traversant le fascisme et la guerre sans jamais en être éclaboussé. D’un enfant choyé, devenu un play-boy conquérant, appelé à devenir grand capitaine d’industrie et patron de club de foot (la « Juve »), sinon le dernier roi d’Italie, Gianni, alias l’avvocato, Stéphanie des Horts fait un héros de roman éblouissant. Rédigé comme toujours à brides abattues, ce livre, qui cultive l’ironie et l’esprit critique, sans omettre de s’appuyer sur une immense documentation, est une incontestable réussite. Amateurs de glamour, à vos marques!
Gianni le magnifique de Stéphanie des Horts (Albin Michel, 304 pages,, 21,90 €).







