Les Pères Siffleurs
« Le Bistrot du Mois – Paris 15e : fringants Pères Siffleurs »
Mais, non, ce ne sont pas « les Tontons Flingueurs » ! Et ces Pères Siffleurs, qui ne persiflent pas, sifflent surtout les jolis flacons d’une cave alléchante. Aux commandes de ce vrai bistrot champêtre, sis face à l’église Saint-Lambert-de-Vaugirard, un patron malicieux et passionné, Philippe Polla, natif de Montréal, qui joue ici l’aubergiste bonhomme dans un lieu qui pourrait être canaille, tandis qu’en cuisine officie le nippon tout bon, Shunsuké Takano, ex de l’étoilé Sola dans le 5e et de ERH dans le 2e, qui mitonne en finesse et fraîcheur des plats qui s’éloignent volontiers de la tradition bourgeoise et usent des produits du marché avec malice.
La bonne affaire, qui attire les gourmets malins du 15e? Le menu de midi avec sa formule à 27 € et la « complète » à 32€. Au programme ici, des hors d’oeuvre de qualité comme ce fringant carpaccio de tête de veau avec ses pickles d’oignons rouges et piquillos, câpres, croûtons et pistou roquette mais aussi un délicat tartare daurade et grenade, agrémenté de pommes vertes, radis et herbes. Les travers de porc fermier sont servis à la fois mijotés dans leur cocotte en fonte avec leur assortiment de légumes d’hiver, mais aussi « à la bretonne » avec galette de sarasin et oeuf poché.
Charment aussi le tendre suprême de volaille avec ses pleurotes sautées, sa sucrine grillée et sa crème de parmesan ou encore, sur un mode marin d’eau douce, le filet de perche avec pommes grenailles, aubergine rôtie, plus « couscous » de chou-fleur (ce dernier émincé finement façon semoule) et tomate noire, plus tapenade et basilic. C’est riche et surabondant, frisant même le trop plein dans l’assiette, mais c’est le revers de la générosité et de l’excès de zèle du chef sans cesse appliqué à vouloir « mieux faire ».
En issue, la panna cotta avec son crumble de coco et ananas, le fondant chocolat avec griottines sans oublier le craquant millefeuille de kumquat avec sa crème pâtissière au citron et zeste d’orange assurent. Et côté vins, on se fait plaisir avec le vouvray du château Montdomaine 2023 ou le cahors du clos Siguier « les Camille » 2020, qui font des escortes de choix, avant les jolies finales du bas-armagnac du domaine de Boingnères et la digestive chartreuse verte. Vivent les Pères Siffleurs !
















