Tout le monde aime David
Tendre et tordu, faussement naïf, vraiment malicieux, roi des notes inutiles en bas de page, mêlant sujets profonds (le questionnement de l’auteur et du sens de la littérature dans « le Mystère Henri Pick », l’horreur de la Shoah avec « Charlotte ») et d’autres plus légers (l’amour toujours et la beauté légère du « Potentiel érotique de ma femme » à « la Délicatesse », sans omettre « Vers la Beauté » et « la Vie Heureuse »), David Foenkinos est un charmeur que l’on suit depuis des lustres. De ses défauts apparents – cette manière agaçante de fournir l’explication de ses textes en cours de récit, d’accumuler les notes ad libitum, déjà citée, – il tire ses qualités profondes. Ce faux naïf, qui est un vrai roué, se révèle surtout de livre en livre (oublions le faux pas de « la Famille Martin ») en maître conteur sachant jouer de l’imprévu et de la surprise avec maestria. Prenez son petit dernier qui est, de ce point de vue, une fringante réussite. De quoi s’agit-il de la douce Clara, élève modèle, qui arrachée le temps d’une soirée à l’attention de son père subit un accident grave, se retrouve dans le coma, attirant l’affection de tous, et se révèle, à son réveil, une voyante hors norme aidant, avec son bon caractère et ses belles attention, les gens autour d’elle à aller mieux, à trouver leur prochain et leur destin. Evoqué ici, en « divulgâchant » une partie du récit, le propos paraît bizzaroïde, étrange, fantastique, peu vraisemblable. Le talent, le vrai talent de David Foenkinos est de nous faire croire que tout cela est possible et, bien sûr, d’aimer Clara. Et c’est bien pour ce côté éminemment positif que tout le monde aime David, roi du roman qui rend heureux.
Tout le monde aime Clara, de David Foenkinos (Gallimard, 192 pages, 20 €).








